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Adriel
Orphelin

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MessagePosté le: 03/04/2009 20:57:10    Sujet du message: Ten o'clock Répondre en citant

~~

Adriel avait dormi sur le béton et les graviers, comme tout Orphelin qui se respecte. Depuis les semaines qui s'étaient écoulées depuis son retour à Hearts, il n'avait été que plus apathique, plus isolé, plus solitaire. Il avait l'air énervé dans ses bons jours, amorphe et dépressif dans les mauvais. Ce n'était pas comme si quelqu'un avait été assez proche de lui pour s'en inquiéter. Sa principale occupation à part rechercher une maigre portion de nourriture était d'errer sur les toits, observer les oiseaux noirs, observer à quel endroits ils revenaient le plus souvent. Le soir il s'endormait roulé dans un coin, caché de son mieux, absolument n'importe où, le t-shirt emprunté à Noé roulé en boule contre son visage. Ce qui lui avait servi d'abri avant de rencontrer le Poursuivant avait été bien évidement pillé. C'était normal, il n'en ressentait aucune colère. C'était simplement un autre endroit qu'on lui retirait. Depuis il ne s'était pas établi, dormait n'importe où et dans un endroit différent tous les soirs.
Sa seule aspiration était qu'on le laisse dans un endroit aussi moelleux qu'un lit, et qu'il puisse dormir. Peut-être pour toujours.
Il avait traîné ses cheveux sales et le reste de sa personne au marché noir. Encore et encore, peut-être qu'il attendait un signe, quelque chose. Ce qui était clair c'était qu'il aurait pu se promener avec un écriteau "je suis déboussolé, prostituez moi, capturez moi, je ne me défendrait pas", il n'aurait pas été plus en danger. La personne qui lui attrapa le poignet en premier était (mal?)heureusement un Orphelin, un qui le connaissait vaguement, assez pour froncer les sourcils en le voyant et le pousser dans l'ascenseur pour le faire remonter à la surface. En l'accompagnant. Adriel n'avait pas pipé un seul mot pendant la montée, et alors qu'il partait l'autre lui fourra quelque chose dans la main, le regardant d'un air méprisant et lui lâchant amicalement "tu me fais pitié". Puis il se retourna, et Adriel manqua broyer la petite chose fragile qu'on lui avait donné.
...
Petite chose fragile ?
Il ouvrit son poing pour y trouver un minuscule tube en verre monté en pendentif, rempli de liquide rouge. Il ne voyait pas du tout ce que c'était. Il pensa à le jeter, mais décida de le garder finalement. C'était à peu près la seule chose qu'il possédait désormais. Il dégagea vite fait du lieu si proche de Ace et reprit son errance, passant toujours ses journées près des toits où les oiseaux noirs virevoltaient.
Non pas qu'il aimait ces stupides piafs ou quoi que ce soit, mais c'était la seule chose qui l'apaisait. Un peu...

- Tu fais quoi exactement ?

Adriel sursauta mais des mains s'étaient déjà glissées sur ses joues, encadrant son visage et basculant sa tête en arrière. A l'envers il y avait.... un visage sur fond de ciel, des yeux verts. Maaruh. A savoir "celui qui aimait rendre service à Noé en couchant avec". Bah. Pour ce que ça avait d'importance à présent.
L'Orphelin plissa un œil en penchant la tête, dans une expression assez cocasse.

- Ca fait des jours que tu viens ici et que tu passes ta journée assis là. T'es plus avec Noé?
- ...Non.

C'était tout ce qu'il avait besoin de savoir. En plus si ça se trouve Noé n'était pas mort. Il s'était juste barré. Peut-être.

- Tu passes ton temps à m'espionner?
- Pas du tout. Et puis c'est notre apanage à tous non ?
- ...

Maaruh s'était assis à côté de lui et ils avaient discuté, en évitant tacitement le sujet "Noé" étrangement. Et finalement, même si ça l'agaçait de le reconnaître, il devait avouer que l'Orphelin n'était pas si détestable que ça. Il n'avait pas un côté altruiste agaçant, juste l'habitude d'aider. Et quelque part peut-être qu'Adriel avait simplement besoin de quelqu'un sur qui se reposer un instant. Un de ses semblables pour... le remettre dans sa condition d'Orphelin.

- Tu veux venir avec moi?
- Où ça?
- Dans ma piaule. Je veux dire. Comme t'as l'air un peu euh... Amorphe, ça te ferait du bien de rester un peu.
- Je suis pas sûr.
- Moi je le suis.
- Je te fais pitié?

Grand sourire.

- Énormément.
- Connard...

Adriel soupira, passa longuement ses doigts dans ses cheveux, une fois, deux fois, dix fois, se frottant le visage en passant. Vivre avec un autre Orphelin. Il n'avait jamais fait ça et de plus. De plus... est-ce que ça allait vraiment l'aider après avoir vécu tout ce temps aux crochets d'un Poursuivant?

- Okay...



L'abri de Maaruh ressemblait beaucoup à ce qu'avait pu être le sien. Et au moins ils avaient un semblant de lit, des couvertures étalées sur le sol et d'autres sur leurs épaules. Ils étaient bien cachés et de toute façon... Maaruh disait que les Poursuivants évitaient de l'attraper en général. Il avait stressé les premières nuit puis s'était habitué. Bien sûr ; une seule couche, un seul lit à se partager, mais ça ne l'avait gêné à aucune moment. Au contraire, il en crevait, de serrer une autre peau contre lui, de dormir avec la chaleur de quelqu'un. Ce s'était fait naturellement pendant les premières nuits, il s'était collé contre Maaruh, Maaruh avait passé ses bras autour de lui. Pas qu'il aimait être chouchouté comme une princesse mais... il était entouré de chaleur comme ça. Il s'était fait à l'odeur de l'Orphelin, l'avait rapidement appréciée en fait, et petit à petit oubliait celle de l'adulte qui l'avait étreint.
Il lui avait fallu une poignée de jour pour retrouver son humeur et sa personnalité telle qu'il l'avait avant. Étrangement même dans ces conditions ils s'entendait bien avec son hôte, lui découvrant un côté turbulent et insouciant. Ils passaient la journée à faire des conneries, courir entre les étalages de fortune du marché, jouer des tours aux Orphelins squattant les douches, semer la panique parmi les oiseaux. De plus Maaruh avait récupéré il-ne-savait-où un nid de corneille comprenant trois petit œufs tachetés de bruns. Ils les gardaient au chaud et essayait de leur mieux de les faire éclore. Maaruh disait qu'il en sortirait des oiseaux noirs, qu'ils pourraient les apprivoiser ensemble. Adriel trouvait le projet irréalisable et faisait de son mieux pour faire croire au plus vieux qu'il s'en foutait royalement mais regardait souvent les œufs avec un regard rêveur. Puis Maaruh se jetait sur lui, lui arrachait de force son t-shirt et le rejoignait au lit, passant ses bras au travers de son torse et l'étreignant comme une peluche pour dormir. Et Adriel s'endormait rapidement.



Ce matin il était midi. Adriel émergeait doucement, la joue écrasée contre le torse de Maaruh. Il supposait que l'autre dormait encore, même si ses bras le serraient avec force et qu'une main était enfouie entre ses mèches. Un menton appuyait aussi sur le haut de sa tête. Pour une raison inconnue son hôte adoptait souvent des posture protectrices durant son sommeil, se recroquevillant autour de lui. Ça ne dérangeait pas à Adriel mais il se demandait si ça voulait dire quelque chose. Il battit des cils, ce qui ne fut pas suffisant pour chasser le sable qu'il avait dans les yeux. Mais il ne voulait pas bouger un bras de peur de réveiller Maaruh. Il n'était que midi... enfin il voulait encore dormir, paresser un peu.
Il se lova de nouveau contre l'autre Orphelin, ne callant pas du tout l'ombre qui les recouvrait tous les deux, qui aurait du l'avertir de la présence dans son dos.
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MessagePosté le: 03/04/2009 20:57:10    Sujet du message: Publicité

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Hisao Noé
Poursuivant

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MessagePosté le: 03/04/2009 23:07:06    Sujet du message: Ten o'clock Répondre en citant

[ *O* ]

Battements d’ailes. L’eau gouttait depuis un moment. L’endroit était humide et sombre, mais au moins il était à l’abri. D’une main fatiguée, il ajuste le vieux chapeau sombre sur sa tête, protégeant ses yeux de la lumière agressive du soleil. Il voulait encore dormir. Encore un peu. Cette nuit avait été rude. La lourde pluie de la nuit avait considérablement participée pour le troubler dans son sommeil. L’endroit où il s’était endormi avait été inondé, et s’étant réveillé en sursaut les pieds dans l’eau, il avait passé une bonne partie de la nuit à sécher ses vêtements. Puis, s’était mis un peu plus en hauteur, les bruits qui couraient dans les tuyaux l’avaient troublé dans son sommeil. Et à présent, le matin...Il soupira. Il enfonça son chapeau plus fort sur sa tête, râlant sur cette lumière agaçante.

Ainsi, Noé avait-il quitté son doux nid pour lequel il s’était tant battu. Il ne savait même plus où il était exactement. Dans les méandres de la ville, très certainement. Il avait voyagé. Erré sans fin. Il reconnaissait parfois les endroits. Dans sa mémoire était restés gravés certains vieux souvenirs de sa vie d’Orphelin. Ce fut d’ailleurs ce qui l’aida considérablement. Depuis le moment où il s’était jeté dans le vide, loin d’Adriel, il s’était tenu à l’écart des autres. Et jamais il n’avait utilisé ces clés qui rendaient sa poche lourde de métal. Il n’était plus retourné sur le toit de cet immeuble qu’il connaissait si bien. Au loin, il l’avait aperçu. Il avait esquissé un vague sourire. Les corneilles n’y venaient plus. Délaissées, elles étaient parties, en quête d’un nouveau maître. Et parfois, elles le retrouvaient. L’une d’entre elles venait, se posait et le fixait d’un œil perçant. Parfois, le Poursuivant avait l’impression que c’était avec plein de reproches qu’elles le fixaient. « Tu nous as abandonnés. » Et tristement, il sentait son cœur se serrer. Car dans son esprit venait y danser un éclat doré. Celui de l’oiseau qu’il avait libéré. Alors il avait regardé ce petit habitat qui tenait au chaud tout ses souvenirs, et lui disait « Ne t’inquiètes pas, je ne t’abandonne pas, je reviendrai. »

Il n’était retourné dans le quartier qu’une seule fois. Quitte à vagabonder, autant le faire vraiment. Il avait trouvé dans la poche de sa veste quelques sous. Cela lui permit de tenir deux jours. Et puis, il avait fait connaissance avec les vieux. Les vieux commerçants, vendeurs de nouilles. Alors, contre quelques parties de cartes, occupant les journées monotones de ces vieilles personnes, il gagnait parfois un repas.

Il aimait cette sensation. Vivre au jour le jour. Parfois, il restait plus longtemps à un endroit. Il explorait. Il n’avait pas beaucoup vendu d’Orphelins. Certains lui tombaient sous la main, comme ça, et il en profitait. Il faisait toujours attention où il les envoyait, mais cela n’avait plus vraiment d’importance. Tout ce qui comptait, c’était effacer le passé. Au début, cela avait été tellement difficile. Comme il s’était senti seul. Il n’avait que très rarement ressenti une telle chose. Noé avait l’habitude d’être loin. Loin de tous ces gens, de toute cette agitation humaine. Pourtant, un petit oiseau blessé l’avait changé. Et il s’était envolé, laissant en lui un énorme vide. Et à présent, Noé devait reboucher se vide, le colmater. Mais rien à y faire, cela se brisait à chaque fois, et le vide était toujours là, bien présent.

Continuellement mêlé à la foule des toits autant que du sol, il se détachait pourtant continuellement de ce monde. Loin de la réalité, il était resté longtemps semblable à un fantôme. Il avait pleuré. Quelques fois, il avait autorisé ses larmes à s’écouler comme elles le voulaient, souillant ses joues.

Il essayait de ne plus y penser. Parfois, il discutait et passait du temps avec des Orphelins, sans qu’ils ne sachent qui il était réellement. Il jouait aux cartes. Il aimait bien ce jeu. Il avait fini par en comprendre les règles, et les vieux lui apprenaient quelques combines et petites tricheries. Il avait également amassé plusieurs objets. Dont ce chapeau qu’il avait trouvé, abandonné. Un jour, il avait rencontré un jeune Orphelin, un petit blondinet aux frêles allures et aux yeux fragiles. Il l’avait pendant un long moment prit sous son aile, et ils étaient restés ensembles. Le petit s’était égaré, et Noé l’avait aidé à retrouver sa « famille ». En cadeau, le petit blond lui avait offert un pendentif en bronze, sur lequel y était dessiné un oiseau.

« Tu ressembles à ces oiseaux noirs. »


Noé lui avait sourit. Puis, le gamin avait hoché la tête. Et son index s’était posé sur le menton du Poursuivant.

« Ne t’enferme pas dans ta propre cage. »

Et ce fut sur ces mots qu’il s’en était retourné.

Noé avait longuement réfléchi sur cette phrase. Oui, il s’enfermait. Il s’enfermait dans une prison de douleur et de souvenirs. Mais il ne pouvait continuer à vivre dans cette prison. Lui aussi, avait des ailes. De longues ailes sombres. Et si on lui avait retiré quelques plumes, cela ne l’empêcherait pas s’enfuir de cette cage.

Ainsi, il avait précieusement gardé cette médaille de bronze. Et son cœur s’était allégé. Oui, il devait continuer à avancer, droit devant lui.
Au fur et à mesure, il devenait un peu plus vivant. Il demandait parfois quelques nouvelles. Il ne voulait rien savoir sur Adriel. Il ne voulait rien qui puisse évoquer ce passé encore si frais qu’il tentait d’éloigner de sa mémoire. Mais depuis un moment, il se demandait où était passé Maaruh.

Une vague rumeur courait parmi les Orphelins : un Poursuivant se fait passer pour l’un des nôtres pour mieux nous attraper, faites attention ! Cette rumeur l’avait amusé. Il avait repris goût à la vie. Et depuis quelques temps, il désirait réellement retrouver Maaruh. L’envie de voir un ami.

Ainsi, s’était retrouvé là, sur les toits de Hearts. Il avait réussi à se réfugier sur le toit d’une petite maison, entre deux cheminées. Puis, la pluie l’avait conduit jusque sous un énorme tuyau sombre. Il y avait dégagé les rats, et s’y était installé comme il le pouvait.

Ses chaussures avaient les semelles abimées. Il y avait longtemps qu’elles n’avaient plus été mises à rude épreuve. Depuis qu’il avait entamé ce vagabondage, ce voyage dans cette triste ville misérable, il avait retrouvé ces sensations familières. Il sautait de toit en toit, jouait avec le vent. Sensations d’Orphelin passées. Il n’hésitait plus à se jeter dans le vide, jouant avec ce vide qu’il affectionnait tout particulièrement. Mais depuis un moment, il sentait son genou lui faire mal. Il ne pouvait faire de mouvement trop fort. Et sur sa cuisse y était gravées des cicatrices profondes.

Ahh, oui. La seule fois où il s’était lamentablement raté. Un toit de en taule qui n’était pas prévu, et il était tombé. Son genou en avait subit les conséquences, et le Poursuivant s’était fortement entaillé dans la cuisse. Sa jambe gauche en avait beaucoup prit. C’était sur celle-là qu’il s’était rattrapé. Le toit n’avait pas tenu, et ça avait été une catastrophe. Mais Noé sentait que ce n’était pas seulement son genou qui lui était douloureux. Sa jambe gauche était devenue plus fragile. Sa cheville était plus rapidement douloureuse. Bah. Il l’ignorait tant qu’il le pouvait, jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus et geigne de douleur dans son coin.
Ce matin donc, il était fermement décidé. Après avoir à nouveau râlé contre ce soleil, il s’était lavé le visage avec l’eau de la pluie amassée dans le creux du toit. Puis, sans aucune gêne, après tout il n’y avait personne, avait fait sa toilette. Il avait récemment trouvé un large pull noir avec un grand col ouvert. Il portait un jean troué aux genoux, et qui semblait partir en lambeaux au niveau des chevilles. Il avait toujours le même sous-vêtement, mais qu’il avait lavé comme il le pouvait. Et oui, Noé restera Noé.

Une fois habillé, il salua la corneille dans son vol gracieux, admirant la magnifique courbe de ses ailes noires. Celle-ci lui répondit par un vague croassement agacé. Noé avait sourit. C’était comme si elle lui reprochait tout ça.
Le Poursuivant avait réussi à dénicher de quoi manger. Il avait encore du vieux pain, et avait volé quelques petites choses au marché. Aucun scrupule. Chacun pour sa pomme, il n’avait absolument pas mauvaise conscience. Puis, il avait prit ce chemin qu’il avait soigneusement évité. En fait, il n’avait pas voulu croiser de têtes connues au début. Il voulait être loin, loin de tout. Être livré à lui-même, voir d’autres personnes. A présent il allait mieux. Il croqua avidement dans la pomme trop mûre, ayant enroulé autour de son autre main la corde qui tenait le sac. Sac contenant les affaires qu’il avait amassé, et qui avait été passé par-dessus son épaule.

Après un long moment de marche, de petits sauts, il retrouva enfin le petit abri. Il y avait été tellement souvent, autant en tant qu’Orphelin qu’en tant que Poursuivant, que ses pas l’avaient automatiquement guidé jusque là sans qu’il ne s’en rende vraiment compte.

Il ne savait pas quelle heure il était, mais connaissant Maaruh, il persuadé que celui-ci dormait encore. Maaruh était un Orphelin de la nuit. Cette idée le fit sourire. Il était vraiment content de pouvoir le revoir, et espérait qu’il soit là et non pas dans le lit d’une quelconque aventure. Il poussa la porte, et, se baissant, pénétra dans la pénombre de la pièce.

Au début, il ne fut pas tout à fait sûr. Il avait même failli repartir, silencieux. Ou alors aurait-il viré cette personne qui dormait avec lui, et l’aurait éveillé. Jusque là, il sentait toujours son cœur battre. Mais il avait peur. L’angoisse était montée d’un seul coup. Il voulait s’en convaincre. Ce n’était pas lui. Ce n’était pas lui. Mais qui d’autre ? Noé n’était pas fou. Il avait passé assez de temps à ses côtés pour le reconnaître, même de dos.

Alors il s’était un peu rapproché. Et son cœur avait manqué un battement. Il avait l’impression que tout en lui se vidait. Toute vie lui échappait, et un sifflement aigu résonnait dans son esprit. Une trahison. Mélange d’une sourde colère, d’une rage presque incontrôlable avec une tristesse infinie.

Là, allongé contre le corps nu de Maaruh, pressé contre lui, se lovait celui qui avait été auparavant son amant. Cet Adriel, cet oiseau qui avait finalement trouvé un nid ailleurs. Cet oiseau doré qui avait changé sa vie, et qui à présent lui arrachait le cœur. L’air lui manquait. La corde qui s’enroulait autour de ses doigts irrita sa peau tellement il la serra. Il voulait partir. Mais il voulait aussi hurler. Comme il voulait pleurer, comme il voulait frapper Maaruh, frapper Adriel. Trahison. Traites, salops, connards, je vous hais. Il n’était pas étonné que Maaruh couche avec n’importe qui, il s’en foutait royalement même et n’avait jamais été touché par cela. La jalousie avait été un sentiment qu’il ne connaissait que très vaguement. Et elle était à présent bien là. Aussi vive que la flamme d’un feu, aussi douloureuse qu’une lame. Torture. Non, il ressentait cette soudaine haine envers Maaruh pour avoir osé mettre Adriel dans son lit.

Et cette haine était encore plus grande envers l’Orphelin. Noé n’était pas un pleurnichard, qui suppliait et implorait l’amour, exprimant la douleur que l’on ressentait face à ce genre de chose. Il transformait cette profonde tristesse en colère. Et Maaruh était le mieux placé pour savoir que la colère de Noé était redoutable. Rares avaient été les fois où il s’était mis en colère. Mais une colère véritable.

« Maaruh, lève ton cul sale con. »


Sa voix était dure, profonde et grave. Celle de la colère. Il évitait de regarder Adriel. Il ne voulait encore y être confronté. Pas tant que ce pincement lui dévorerait le cœur, pas tant que ses tripes se tordaient tellement qu’il en avait l’envie de vomir. Alors son regard sombre de haine se concentrait sur Maaruh. Celui-ci grogna.

« Lève-toi bordel de merde ! »

Noé avait crié, et sur ses tempes apparaissaient quelques veines. Il avait du mal à respirer.

Maaruh avait été surpris, et s’était retourné, les yeux encore éblouis par ce brusque réveil.

« Qu-Quoi ? Noé ? Bordel mais... »


Serrant les poings, Noé restait là, debout et furieux. Il se sentait blessé comme jamais il ne l’avait été. Cette haine allait le rendre encore plus solitaire. Décidemment, il détestait les gens.
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Adriel
Orphelin

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MessagePosté le: 04/04/2009 10:10:09    Sujet du message: Ten o'clock Répondre en citant

Chaud... Il s'était à demi rendormi. Le sommeil était un état de faiblesse, où toutes les barrières tombaient, il pouvait les sentir le quitter comme des pétales et glisser le long de son âme. Il n'aimait pas ça. Et à l'éveil, il lui fallait plusieurs minutes pour remaquiller son âme, la dissimuler, révéler les barrières, se protéger. Une voix le tira pour de bon de son sommeil, une voix beaucoup trop proche. Il sursauta et tourna ses yeux doré vers l'entrée du refuge, à quelques dizaines de centimètres de lui seulement. Il s'attendait à voir un Poursuivant d'allure cauchemardesque. Ce qu'il vit était pire dans un sens, il se demanda s'il dormait encore. Noé? Quoi, c'était une putain de blague...
Noé qui criait. Malgré lui il se rendit compte que ce n'était pas un rêve, et il eut un mouvement qu'il n'aurait jamais eu en temps normal, un pur mouvement de recul, les pupilles étrécies, cherchant à s'éloigner de cette personne.
Woosh.
Eveil, et quatre murs solides s'élevèrent autour de lui, le protégeant.
Alors c'était Noé. La belle affaire. Celui qui l'avait sauvé et trahis. Un mélange complexe s'étirait entre les quatres parois qui venaient entourer son âme, de la joie, de la colère, de la rancœur, et l'envie de sauter dans les autres bras qu'il s'appliquait à enterrer au plus profond de lui. Et allez savoir pourquoi il faisait une crise. Les muscles de sa nuque se tendirent tandis qu'un pli naquit entre ses sourcils. Si Noé cherchait des crosses à Maaruh sans nul doute qu'il défendrait l'Orphelin, rien de plus évident.

- Lève-toi bordel de merde !

Maaruh commençait à bouger, réveillé en grand partie par Adriel qui, dans son mouvement de recul l'avait à moitié enjambé pour se reculer un peu plus dans l'abri. D'ailleurs l'Orphelin aux yeux d'or retiraient ses jambes qui reposaient encore sur les épaules de son hôte, et se redressait un peu, torse complètement nu mais son inséparable jean élimé couvrant le bas de ses hanches et ses cuisses. Maaruh lui dormait en sous vêtements, et encore c'était au mieux en sous-vêtements. De plus il semblait avoir énormément de mal à se réveiller, même si l'attitude de Noé semblait le stresser énormément.
Adriel ne voyait pas pourquoi, il n'avait jamais vu le Poursuivant en colère. Il se contenta de ramener ses cheveux à leur place en se coiffant rudimentairement, peu enchanté de voir que Noé n'était visiblement pas pré-occupé par le fait de lui fournir des explications et semblait plutôt s'occuper de ses vieilles connaissances en premier. De toute façon de quelles explications avait-il besoin? Il était parti au moment où il avait cessé de l'amuser et de l'intéresser, voilà tout. Donc quoi qui puisse mettre Noé dans cet état c'était bien fait de toute façon. Il ne bougerais pas un petit doigt pour arranger cette situation, et s'il savait de quelle façon l'empirer il le ferait sûrement. Pour l'heure il se contenter de fixer Noé de façon très désagréable, disant clairement "je-te-déteste". Il ne le regardait même pas, bien sûr.
Maaruh avait repoussé la couverture, se foutant royalement d'être à poil ou en string pour parler à un Poursuivant énervé. Oui il n'était pas en string, simplement en boxer noir délavé. Il il se leva lentement, comme on lui avait dit. Est-ce que Noé allait réellement le cogner ? Ça il n'en savait foutrement rien mais... Pour une raison ou une autre ce n'était pas du tout quelque chose qu'il souhaitait voir. Alors malgré son appréhension et son cœur qui s'était soudain mis à battre plus vite, ses viscères se contracter d'angoisse, il se plaça entre les deux, forçant par là même l'adulte à le regarder dans les yeux.

- Je te laisserais pas lui faire de mal, ni lui gueuler dessus.

Ce n'était pas du sacrifice où un élan héroïque quelconque. Adriel savait qu'il était face à Noé, que ce Poursuivant avait des côté humains, et le connaissait assez après avoir partagé son quotidien pendant pratiquement un mois. Il était plus ou moins sûr qu'on ne le frapperait pas, et s'il se prenait un coup il ne pleurerait pas non plus. Maaruh l'avait aidé à un moment où il était pratiquement zombifié, et il ne voulait pas qu'on le lui enlève. Parce qu'ils avaient prévu de faire éclore ces putains d'œufs et d'élever des bébés oiseaux qui les prendrait pour leur famille.

- Dégages Noé.

Son ton avait été acerbe et son rythme cardiaque avait encore monté d'un cran. L'ambiance était tendue, quasiment palpable. Là il ne s'étonnerait pas s'il se prendrait un coup. Derrière lui Maaruh lui toucha le dos de la main, referma ses doigts, pinçant sa peau, comme pour lui dire que ce n'était pas une bonne idée.
Mmh. Ouais.
C'était probablement le cas.
L'adolescent prit le poignet du brun et le tira dehors à sa suite. Il lui lança un regard, puis déplaça ses iris vers l'extérieur, en un langage brut de regard qui signifiait quelque chose comme "Noé, dehors, avec moi". Et pour expliquer ça de manière plus civilisée il alla jusqu'à formuler plus ou moins ses pensées.

- Faut que je te parle.

Ses doigts étaient crispés sur la chair blanche du poignet du Poursuivant. Une peau blanche comme celle de Maaruh. Maaruh vivait la nuit, c'était la raison pour laquelle il n'avait pas le teint halé de la plupart des Orphelins, comme le sien. Dire que ces personnes à la peau claire avaient l'air fragiles.
Même si sa force était nécessaire pour traîner Noé derrière lui, il n'aurait pas pu le forcer à changer de toit, aussi ce n'est qu'un plus loin de la cachette de Maaruh qu'ils s'arrêtèrent, se fixant l'un l'autre. Adriel se débattait avec ses pensées. Il y avait bien une chose qu'il aimerait savoir mais il ne savait pas exactement comment la formuler de façon neutre. Où est-ce que tu étais l'autre jour, qu'est-ce qui est passé dans ta putain de tête...

- Tu aurais pu me dire au revoir la dernière fois au lieu de te barrer et me laisser dehors. Tu aurais pu me le dire.

Son regard étincelait de colère, repensant à ces moments à dormir accolé à la maison de Noé comme un être particulièrement pathétique, ses semaines d'errance, l'inquiétude ridicule qu'il avait pris la peine de ressentir alors que manifestement le Poursuivant se portait très bien.
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Hisao Noé
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MessagePosté le: 04/04/2009 12:59:09    Sujet du message: Ten o'clock Répondre en citant

Il bouillonnait. Au fond de lui, ce n’était qu’un monstre qui se débattait contre cette prison de raison, l’empêchant d’éclore et de laisser aller toute sa rage. Ce monstre né de cette souffrance profonde qui s’était plantée dans son cœur.

Maaruh s’était levé. Noé avait toujours gardé son regard fixé sur lui. Il ne voulait regarder l’autre, cet Orphelin...Pas encore, il n’était pas prêt...

Puis, il n’eut aucun choix. Oui, il aurait frappé Maaruh. Il l’aurait frappé, secoué, il lui aurait vomit toute sa colère au visage, l’aurait jeté au sol. Et Maaruh le savait très bien, il en était même presque blasé.

« Noé, c’est pas... »


Et finalement, il avait soupiré, parce que peu importait les explications, cela ne suffirait pas. Noé était inatteignable. Rien ne le calmerait, rien ne lui rendrait sa raison. Pas maintenant.

Alors Adriel s’était interposé. Un goût amer. Acidité de colère. Le Poursuivant était presque dégoûté. Alors maintenant, il le défendait ? Lui qui n’aimait pas Maaruh au début, maintenant il pieutait avec et avait du faire des choses que Noé répugnait à imaginer, et en plus de cela il le défendait ? Mais c’est beau l’amour de nos jours dit donc !
Un vague sourire de dégoût étira ses lèvres qui tremblaient.

« Va te faire foutre. »

C’était tout ce qu’il avait répondu. Parce que sa gorge était nouée. C’était comme si des mains invisibles lui avaient saisi le cou, et tordaient entre leurs doigts cette gorge douloureuse, y faisait un nœud de souffrances. Il tenta de déglutir, mais ce fut vain. Il continua de serrer ses poings, et ses articulations devenaient de plus en plus blanches. Son regard sombre de haine amoureuse défiait enfin les perles dorées d’Adriel. Il esquissa à nouveau un sourire. Dégager ?

« Mais c’est mignon tout plein tout ça, tu donnerais carrément ta vie pour le sauver, c’est chou. »

Ironie détestable. Mais Noé ne voulait pas perdre. Il voulait montrer que rien ne le déstabiliserait. Il voulait montrer qu’il n’hésiterait pas à frapper Adriel s’il le fallait, qu’il n’était pas faible bordel ! Pourtant, sa crédibilité, il l’avait perdu dès qu’il était entré ici. A présent, toute l’attention du Poursuivant était focalisée sur le petit Orphelin. Il ignorait les soupirs de Maaruh face à tout ça.

« Noé, calme-toi bordel de dieu. »


Il l’ignora. Il ne l’écoutait pas. Il s’avança, et bouscula Adriel, le saisissant par les joues avec sa main. C’était comme pour montrer qu’il n’hésiterait pas. Mais c’était faux. Il n’aurait jamais voulu lui faire de mal.
Il approcha son visage de celui d’Adriel, son regard sombre toujours planté de le sien.

« T’es toujours la proie, Adriel, alors n’essaye pas de me dire où je dois dégager. »


Pendant un court instant, l’idée de se laisser aller à cet amour douloureux lui traversa l’esprit. Il était tellement proche de ses lèvres ... Il lui suffirait de se pencher, de les embrasser, de les goûter...De s’accrocher à ce corps et de le caresser. Mais l’idée de ce que ce corps même aurait pu subir de Maaruh le répugna, et il chassa rapidement toutes ces conneries. Foutaises. Il se recula à nouveau, lâchant le visage de l’Orphelin. Preuve qu’il ne lui ferait rien. Tss.

Puis, le petit Orphelin s’était saisi de son poignet. Noé n’eut aucune réaction, mais son regard en disait long. Essaye de me maîtriser pour voir, petit con. Tu veux me parler ?

« Et si je n’ai pas l’envie de te parler, mh ? »

Il aurait voulu lui balancer autre chose, quelque chose de bien plus méchant. Mais ce fut tout ce qui était sortit de sa bouche. Et il avait tout de même réussi à se faire traîner hors de l’abri. Connard.
Maaruh soupira une dernière fois dans son dos, secouant la tête. Bon, ça repoussait sa mort de quelques heures au moins. Mais, au fond, il savait que même si Adriel arrivait à raisonner son amant, Noé allait lui en vouloir pendant un très long moment encore. Il esquissa un sourire. Maaruh n’avait encore jamais vu Noé se mettre dans un tel état pour des choses qui, avant, lui passait par-dessus la tête. Ce petit Adriel l’avait vraiment chamboulé.

Dehors, les rayons du soleil faisaient briller les flaques d’eau, filles de la dernière pluie. Comme pour montrer comme il se foutait de tout, il n’hésita pas à marcher dans l’une d’elle, s’éclaboussant le pantalon, mouillant sa chaussure. Puis, il avait décidé d’attendre. Noé avait mis ses mains dans ses poches, et regardait d’un air sombre l’Orphelin aux yeux dorés. Si Maaruh devait expliquer son comportement, il aurait dit : « Son problème à Noé, c’est que sa souffrance, il la transforme en violence. Et plus il sera agressif et tiendra des propos douloureux et incohérents, plus sa souffrance sera grande. Mais, c’est rare. » Très rare. Il avait ressenti parfois ce sentiment de trahison. Mais pas aussi fort, pas aussi poignant. Et surtout pas pour les mêmes raisons. Il était confronté pour la première fois à la perte d’un être qu’il aimait, et qu’il aurait voulu garder contre lui sans partager pendant une éternité. Il s’était toujours foutu de ses relations humaines foireuses. Ca ne l’atteignant pas aussi profondément. Oui, parfois c’était vexant, cela causait un peu de peine, mais pas de quoi se suicider. Là, Noé aurait bien voulu à nouveau se mettre sur le bord de ce toit, et ne jamais se retourner, ne jamais retomber sur ses jambes. Mais il ne pouvait pas crever, pas maintenant. Finalement, ce vagabondage avait été insuffisant. Cette ville lui pesait toujours.

Mais là n’était pas la question. Maintenant, le petit oiseau réclamait des explications. Serrant les dents, Noé détourna pour la première fois son regard, de manière tout à fait consciente. Il fixa le sol, baissant la tête. Air pitoyable de souffrance. Il réfléchissait. Puis, il se redressa, et affronta à nouveau Adriel, ses yeux brillants de colère encore vive.

« Visiblement, t’es pas resté longtemps dehors, t’as l’air d’avoir trouvé un autre pigeon pour te laisser un bout de nid. Et tu t’amuses bien à ce que je vois, bien au chaud dans les couettes hein ? Mais c’est bien, profite donc de la vie. »

Ironique, sarcastique. Ces paroles révélaient au fur et à mesure la douleur de Noé, ses pensées, ce qu'il ressentait réellement.

« Tu veux que je te dise au revoir ? Et bien, au revoir alors. Et amuse-toi bien surtout. »


Et il s’était retourné. Il voulait partir. Partir de cette ville, partir loin. Il s’éloignait, comme pour dire « au revoir, j’en ai rien à foutre de toi en fait. »
Pourtant, sur ses joues coulaient des larmes trop longtemps retenues. Bordel, mais c’était quoi là cette manie de chialer à tout bout de champs ? Il avait pleuré Adriel peut-être ? Certainement pas, et ça Noé en était convaincu. Alors il s’essuya ces larmes rageuses. Il n’allait pas être réduit à ça bordel de merde.

Mais au fond de lui, sans même oser se l’avouer, il espérait de tout son cœur meurtri qu’Adriel le rattraperait. Oh oui, rattrape moi, dis moi que tu m’aimes. Montre-moi que ça compte. Pathétique.
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MessagePosté le: 04/04/2009 19:39:03    Sujet du message: Ten o'clock Répondre en citant

- T’es toujours la proie, Adriel, alors n’essaye pas de me dire où je dois dégager.

Toujours la proie? Ha, ne me fais pas rire. C'est quoi ces conneries? Je ne voit même pas ce que ça t'apporte de me considérer comme ça. Et puis...
Adriel flancha une seconde. Ce n'était pas parce que Noé avait semblé inquiet qu'il l'avait forcément été, ce n'était pas parce qu'il avait accepté sa domination au lit une seule fois que ça signifiait quelque chose. C'était vrai. Donc je suis toujours la proie c'est ça? Et tu es toujours le chasseur? Dire que j'ai failli, mais failli te voir différemment. Bien Noé. C'est ok avec moi. Je suis toujours la proie.

- Visiblement, t’es pas resté longtemps dehors, t’as l’air d’avoir trouvé un autre pigeon pour te laisser un bout de nid. Et tu t’amuses bien à ce que je vois, bien au chaud dans les couettes hein ? Mais c’est bien, profite donc de la vie.
- Je serais pas resté crever pour te faire plaisir non plus.

C'était énervant, tellement que c'en était presque douloureux, mais c'était mieux, bien mieux que quand Noé était pas là. Là il pouvait crier s'il voulait, le frapper s'il voulait, le voir, le toucher, l'entendre. Qu'est-ce qu'il avait cru déjà? Qu'il était mort? ...
Adriel n'était pas aussi intelligent que Maaruh, n'avait jamais été une lumière en comportement humain et s'emportait plutôt que réfléchir. Mais là même lui... même lui se rendait compte que Noé était stupide dans ses paroles. Quoi il venait de dire à demi-mots que sa disparition soudaine l'avait affecté et qu'il aurait pu le prévenir et... on lui répondait avec la même logique qu'un enfant de dix ans en colère. Ce qui aurait été son appanage dans une autre situation. C'était énormément surprenant et tout nouveau pour lui de se rendre compte des agissements de quelqu'un.

- Mais... t'es con.

Simple constatation. Un sourire s'égara même sur ses lèvres. Sa stupéfaction avait un peu dissipé sa colère. Par contre Noé... c'était autre chose. D'ailleurs il avait décidé de se barrer. Comme un enfant toujours. C'en était consternant. Et pendant une seconde Adriel pensa peut-être le laisse partir, après tout il ne reviendrait certainement pas et Maaruh était hors de danger maintenant. Il n'était pas obligé de s'occuper de ce Poursuivant contradictoire.
Pourtant les quelques semaines qu'ils avaient passé ensemble avaient bel et bien existé. Si c'était vrai qu'ils avaient passé des journées à se chamailler comme chien et chats, qu'il avait passé des nuit à respirer son odeur, à chercher ses bras pour les fuir le matin alors...
Sa main se referma sur des cheveux noirs, faillit lâcher prise mais se ressaisit et les tira en arrière. Noé était près de se casser la gueule mais il le reçu contre lui et en profita pour le prendre dans ses bras, comme un enfant capricieux. Ca lui semblait très étrange d'avoir de tels gestes vis vis d'un adulte qui le dépassait en taille. Mais bon puisque le brun avait accompli l'exploit d'être plus puéril que lui même, il devait bien le faire. Il devait dire quelque chose, c'était pour ça qu'il avait retenu Noé. Mais finalement... il ne se souvenait plus de ce qu'il voulait dire.
...
De si important.
Sur le moment ça avait eu l'air important.
Mais maintenant qu'il ne pouvait plus partir ça n'avait aucun intérêt.
Il posa son front contre la nuque du Poursuivant, plaquant sa paume sur ses yeux, espérant le calmer par le noir, comme on le faisait avec certains oiseaux. Il ne savait pas si ne plus rien voir n'allait pas l'énerver davantage mais autant prendre le risque. Ha oui et tant qu'il y était trouver quelque chose pour l'apaiser. Mmh mais vu qu'il ne savait pas ce qui l'avait mis en colère ce serait difficile. De plus ce n'était pas comme s'il passait sa vie à réconforter les gens, lécher les blessures des autres et ce genre de conneries. Après plusieurs secondes de silence à ramer sur les thème "cherchons un truc qui ferait plaisir à Noé", il mit de l'eau dans son vin, se disant que s'il parlait, en fait, ce serait déjà bien. Et donc, sur le thème "ce que j'ai envie de dire" ?

- Je te promets...

Il se mordit la lèvre. Les mots lui venaient sous une forme violente mais il sentait que s'il essayait de les adoucir ce serait...mauvais. Comme s'il enlèverait ainsi un voile qui l'empêchait de voir le vide. C'était ça. Il y avait quelque chose de vertigineux dans le sens de ses mots, même s'il essayait de rendre sa voix sourde et menaçante pour compenser -oui car il était un mâle, un vrai, malgré quelques problèmes de naissances.

- Je te promets que si tu pars encore je-te-tue.

La violence fleurit dans ses veines le temps d'une seconde, en même temps que quelque chose qui fit trembler momentanément ses mains et lui créa quelque chose dans la gorge, l'empêchant de parler à nouveau. La violence irait aussi, il s'en foutait, lui et Noé pouvaient se filer des coups ici-même pendant des heures, jusqu'à épuisement, il s'en foutait. Parce qu'à la fin quand il l'aurait étalé, il pourrait se laisser tomber sur son corps, faire semblant d'être intensément fatigué et ne pas se relever, retrouver la chaleur qu'il avait essayé de graver dans sa peau le matin même de ce jour là. Sa mâchoire s'ouvrit, prête à se décrocher, et se referma sur les vêtements de Noé, sa peau aussi en dessous peut-être, il ne savait pas. Il le mordit quelques minutes, le temps de refouler ce "il ne savait quoi" et l'enfermer de nouveau dans son ventre. Ensuite il libéra doucement le tissu, relié à ses lèvres par quelques fils de salives qui s'effilochèrent. Et il répéta, comme si ça avait une quelconque importance.

- Je te tuerais putain..
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MessagePosté le: 04/04/2009 23:14:36    Sujet du message: Ten o'clock Répondre en citant

Il s’était laissé faire. En même temps, il n’avait rien pu faire. Il avait ressenti une violente douleur, lui arrachant le crâne. Tiré en arrière, il n’avait émit aucun cri tellement il avait été surpris. Les doigts qui s’étaient mêlés à ses cheveux pour les lui tirer en arrière se retirèrent.

« Putain de merde, sale con ! »


Et c’était tout. C’état tout, parce que même si au fond il aurait peut-être préféré que ce soit d’une manière légèrement plus douce, Noé était rassuré, soulagé. Soulagé de sentir ces bras tant désirés l’entourer. Sentir dans son dos ce corps dont il avait constamment ressassé les souvenirs. Cette chaleur. Il était soulagé. Soulagé de voir qu’Adriel malgré tout ne le laissait pas partir sans aucune réaction. Soulagé de voir qu’Adriel n’allait pas s’en retourner, et aller se blottit aux côtés de ce nouvel amant. En un sens, cela l’apaisa. Mais il n’oubliait pas. Il n’oublia cette trahison qui lui dévorait toujours les tripes. Mais pour l’instant, c’était comme si un baume adoucissait cette douleur.

Il se laissa faire. Il ne bougea pas, laissant la petite main lui couvrir le regard. Être aveugle ne le dérangeait pas pour l’instant. Et il était fatigué.
Il laissa dire ces mots cruels. L’une de ses mains étaient venue s’accrocher à l’avant bras de l’Orphelin, le serrant le plus fort possible. Comme pour s’empêcher de laisser toutes les émotions sortir. Il ne savait que répondre. Ces mots...En un sens, ils étaient presque agréables à entendre. Mais en même temps, ils n’étaient que souffrance.

Noé sentait la respiration dans sa nuque. Elle le faisait frissonner. Douce respiration chaude. Son souffle à lui était encore saccadé.

Puis, Adriel bougea. Et, étonnement, commença à le mordre. Merde, il virait cannibale. Noé le laissa faire. Chacun sa manière d’exprimer sa colère. Il ne s’y attendait pas vraiment, mais bon soit. Une fois que ces mots cruels furent à nouveau répétés, il se sentit à nouveau bouillonner de colère. Ses doigts serrèrent encore plus fort ce bras, menaçant de lui en arracher la peau.

« Qu’est-ce que tu fais Adriel ? Pourquoi tu fais ça ? »

Finalement, c’était un baume de mauvaise qualité. Noé ne bougea pas pour autant de place. Dans sa voix se devinait encore toute la colère que son calme actuel et soudain dissimulait.

« Pourquoi Adriel ?! Merde ! »


Pourquoi faisait-il ça ? Pourquoi, alors qu’il s’envoyait en l’air en tout bonne conscience avec l’un de ses seuls amis ? Oui bordel, pourquoi ?

« J’t’ai rendu ta liberté. T’es un Orphelin. T’es libre, t’as jamais voulu rester avec moi. »


Son bras tremblait un peu, et il inspira profondément. Il tentait de ne pas se laisser submerger par tout ça. Il souffla, avant de reprendre.

« J’ai pas pu retourner chez moi. J’ai pas pu tu comprends, t’étais encore trop présent... »


Il déglutit, et se mordit la lèvre inférieure. A nouveau, inspiration profonde.

« Ca fait des semaines que j’essaye d’oublier, et toi, putain j’te retrouve en train de fricoter et de prendre du bon temps avec un d’mes potes ! Bordel ! »

Unique. Une unique larme. Salissant à nouveau sa joue. Jamais il n’avait autant pleuré en si peu de temps. Incroyable.

Il se déroba à l’étreinte d’Adriel. Repoussant cette main, il fut aveuglé par la lumière. Il se retourna d’un geste vif, violent. Ses mains emprisonnèrent les poignets de l’Orphelin, petit oiseau doré. Au loin, une silhouette noire d’oiseau observait d’un œil rond et silencieux la scène.
Tout le corps de Noé avait poussé celui d’Adriel, le surplombant. Couché par terre, l’Orphelin se retrouvait plaqué au sol, dos contre terre. Penché vers lui, Noé le fixait de son regard sombre. En réalité, il ne savait même pas pourquoi il agissait ainsi. Il aurait voulu lui dire que cette histoire lui crevait le cœur. Mais cela ne sortait pas. Tu me tueras si je m’en vais à nouveau ?

« Adriel... »

En un sens, cela voulait dire qu’Adriel le voulait à ses côtés. L’oiseau allait-il s’enfermer dans sa propre cage ? Pourtant, l’Orphelin le savait. Noé était casernier, solitaire. Tellement différent de lui.
Il était épuisé. Le Poursuivant n’en pouvait plus. Il aurait encore voulu lui faire mal. Lui dire que c’était du foutage de gueule. Le blesser en lui disant qu’il n’avait aucunement l’intention de rester à ses côtés comme il avait l’air de se l’imaginer. Le blesser, lui faire mal. Égoïste n’est-ce pas ? Cette douleur qui vous réchauffe le cœur, car elle témoigne de l’amour.
Mais Noé était épuisé. Alors, simplement, ses lèvres articulèrent lentement, alors qu’il avait fermé ses yeux.

« ...Pourquoi ? »
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MessagePosté le: 05/04/2009 10:40:17    Sujet du message: Ten o'clock Répondre en citant

Il s'était calmé, enfin il croyait... il pensait, pendant quelques secondes il avait moins remué en tout cas. Quoique ce soit ça n'avait pas été permanent, juste... momentané. Il dut serrer les dents quand Noé s'attaqua à son bras. Il ne lui vint même pas à l'idée que ça aurait être d'un quelconque lien avec sa morsure, non, parce que ça n'avait pas été pour lui un geste de violence, simplement quelque chose de nécessaire pour se maîtriser.
Pourquoi je fais quoi ? C'est là la question.

- J'crois pas avoir compris...

Ce que tu me reprochais exactement. Oh mais ça venait. Même si c'était des trucs un peu surprenant. Non seulement du fait que Noé puisse le dire et donc penser en ces termes, mais aussi parce qu'il était à côté de la plaque dans la moitié de ses dires. Quoi il lui en voulait tellement pour tous ces trucs dont les trois quarts étaient faux? Il n'aurait su dire si c'était soulageant, agaçant ou blasant. Une nouvelle phrase tombait avec difficulté des autres lèvres, chaque fois qu'il s'apprêtait à répondre, alors il laissa le flot se tarir, attendant un moment où il serait sûr de pouvoir répondre en toute quiétude.
Et manifestement il attendit trop.
Une angoisse primitive l'étreint quand ses poignets furent pris. Il avait beau se rassurer de son mieux en se disant que "c'était Noé"... peut-être que justement le "c'était Noé" devenait un problème dans l'équation. Il heurta le sol et pendant une seconde, peut-être deux, il n'y avait plus de discussion foireuse et plus de problème, simplement lui, et au-dessus un corps qu'il connaissait déjà et qui était loin de ne pas l'attirer.
Quoi c'est vrai, contrairement à ce que pensait le brun il ne s'était pas envoyé en l'air depuis longtemps. Depuis... Bah depuis qu'ils s'étaient séparés en fait. Cette constatation le déstabilisa complètement. Enfin il n'avait pas fait ça consciemment, il avait juste eu un petit période d'aversion envers le reste du monde puis ensuite Maaruh l'avait repêche, et il s'était tellement occupé à faire des conneries qu'il avait un peu "oublié". Mais bien sûr que si un jour ou deux avaient passé il aurait trouvé un petit Orphelin plus efféminé que lui pour lui servir d'exutoire. Il battit plusieurs fois des cils, rappelé à la réalité par son prénom. Ha... oui.
Il pencha la tête en arrière, regardant le ciel plutôt que Noé. Mon dieu que dirait Maaruh s'il les voyait.
Il eut un gros soupir, qui lui venait du fond du ventre et expulsait un peu de sa rancœur comme des cendres parasites.

- T'es vraiment con.

Comme si cette phrase collait particulièrement bien à Noé en fait.

- Je voulais rester avec toi... Et en effet j'étais encore "trop présent chez toi" puisque j'ai attendu devant la porte que tu reviennes -crétin. Et tu te gourres aussi avec Maaruh, j'ai rien fait avec lui.

Bordel, ce que ça pouvait l'agacer de dire des choses comme ça, être rabaissé à s'expliquer et exprimer des choses qu'il avait au fond de lui. Dommage que Noé n'aie pas pu être aussi intelligent que Maaruh, ça lui aurait évité ces charmantes séances d'introspection et d'explication. Il lui envoya un coup de genou au hasard, de dépit, plus pour le geste que pour faire mal.

- C'est jusque que comme j'ai pris l'habitude de dormir avec quelqu'un à cause de toi j'étais incapable de me retrouver tout seul. C'est tout...

Il n'était pas obligé de le retenir en fait. Maintenant qu'il savait qu'il était potentiellement vivant il pouvait retomber sur lui un jour ou l'autre, au détour des toits, trouver l'endroit où il dormait et il pourrait venir avec Maaruh le faire chier. Il ne savait pas... il ne savait foutrement pas ce qu'il devait faire, c'était compliqué, il n'aimait pas. Tout était énormément plus simple quand il avait été blessé.
Ses poignets étaient toujours entre les mains du Poursuivant, aussi il s'appuya de son mieux sur ses coudes, et l'embrassa. La meilleure chose qui pourrait lui arriver présentement serait de faire l'amour avec Noé, mais il n'y croyait pas trop et puis... sur un toit à la vue de tous ça le dérangeait grandement quand même.

- Où es-ce que tu habites maintenant? Tu t'es décidé à prendre une chambre à Ace? Je veux savoir où te trouver.

Si on enlevait son ton heurté qui faisait sale gosse / type insupportable / rayer les mentions inutiles ça aurait sans doute abouti à un parfait dialogue de série à l'eau de rose. Malheureusement pour lui il avait pas mal de souvenir de ces séries en tête et ce n'était pour lui plaire d'être capable d'établir une comparaison avec ce qu'il disait.
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MessagePosté le: 05/04/2009 12:14:49    Sujet du message: Ten o'clock Répondre en citant

Cette phrase, à nouveau. Oui, il était con. Comme pour y répondre, il se baissa, et son visage se pencha, glissant tout près de l’autre. Ses lèvres effleurèrent avec maladresse la peau, sans la toucher réellement, puis il lui murmura, soufflant contre sa gorge.

« Non. Je...Crève d’amour Adriel. »


Il inspira profondément. Oui, il crevait d’amour. Et c’était tellement...Il n’y avait pas de mot. Il était con, oui. Con et fou amoureux. La belle affaire. Comme il aimerait pouvoir oublier. Avoir cette capacité de tout effacer. Et de pouvoir se laisser porter par ses envies. Pouvoir le prendre dans ses bras, l’embrasser sans jamais penser à quoi que se soit d’autre. Le serrer contre lui, goûter à ses lèvres et dévorer sa peau. Soupirer contre lui, sentir son corps trembler de plaisir. Mais il n’y arriverait pas. Il ne pourrait tout effacer. Merde, il était d’une jalousie maladive alors ? Ca allait lui pourrir considérablement la vie. Et pas que la sienne. Il soupira. En fait...Peut-être qu’il aurait compris. Il aurait compris s’il n’avait pas été furieux. S’il n’avait pas aveuglé par cette colère. Ou peut-être qu’il ne voulait pas comprendre.
Le Poursuivant ne bougea pas, restant penché sur lui. Comme ça, ça lui donnait une bonne excuse pour respirer l’odeur qui lui avait manqué.

Il l’écoutait, silencieusement. Les yeux clos, il essayait de se concentrer sur ses paroles. Il l’avait attendu ? Noé se sentit presque coupable. Mais au fond, sa colère voulait qu’il trouve encore quelque chose à lui reprocher, quelque chose...C’était stupide. Il aurait voulu se dire : Oui, il m’aime. Mais rien n’y faisait.

« T’avais l’air pourtant bien proche de lui. »


C’était tout ce qu’il avait à dire. Oui, t’avais l’air proche de lui. Trop proche. Collé à lui, presque nu. A le câliner, à te lover contre lui. Comme il aurait voulu l’arracher de là.
Il soupira.

« C’est un peu vexant, ce que tu dis. On dirait... »

En fait, c’était très égoïste. Et ça le rendait mal à l’aise. Il savait qu’il était plutôt du genre à être centré sur sa personne, mais pas à ce point. Il avait presque honte de le dire en fait. Mais il se sentait presque...Obligé de le dire. De donner une explication.

« ...On dirait que...Que tu pourrais dormir avec n’importe qui, tu t’en foutrais, tant que ce serait quelqu’un. »

Il se redressa. Un peu, pas trop quand même.

« Comme si ça n’avait pas d’importance. »

Son visage s’était figé dans une expression indéchiffrable. Comme s’il était épuisé. Toujours en colère, mais tellement fatigué.
Il ne l’avait pas vraiment dit directement, mais sa dernière phrase voulait plutôt dire « comme si je n’avais pas d’importance ». Ca, c’était le vrai fond de sa pensée.

Adriel l’embrassa, légèrement. Mais Noé n’eut aucune réaction. Il resta de marbre, gardant son regard indéfiniment sombre baissé sur lui.
Evidemment, il aurait voulu l’embrasser, répondre à son baiser, mordre ses lèvres et soupirer. Petite chose en manque va. Mais il ne pouvait pas. Pas encore.
Le brun se redressa, libérant le petit oiseau.

« Non. Je n’habite pas à Ace. »


Il s’était relevé. Il récupéra le vieux chapeau, et son sac qui traînaient sur le toit dans un lourd silence.

« Je n’ai habité nulle part depuis la dernière fois que l’on s’est vu. »

Il fit basculer le sac sur son épaule. C’était sûrement ici que son voyage se terminait. Il ne savait s’il devait vraiment le dire à Adriel ou pas. Depuis longtemps déjà, il y pensait. Il y pensait continuellement, et ne savait même pas ce qui l’avait encore retenu. Puis, l’Orphelin était arrivé, et ce fut une bonne raison. Cette idée, ce projet...Il soupira.

« Tu sais...J’ai toujours voulu quitter cette ville. »

Oui, quitter la ville. Se sentir libre, et laisser derrière lui cette immondice. Et marcher, marcher droit devant lui. Jusqu’à ce que ses pieds s’enfoncent enfin dans un sable doux. Jusqu’à ce qu’il puisse emplir ses yeux de cette mer. Pendant un temps, il avait oublié ce projet. Un petit oiseau avait accaparé toute son attention.
Noé soupira.

« Tu sais où me trouver. »

Puis, une silhouette apparue. Maaruh s’était habillé, enfin un peu. Il jeta un coup d’œil à Adriel, histoire de s’assurer que celui-ci n’était pas mort et qu’il vivait toujours. Puis, il fixa Noé. Il n’était pas en colère contre lui. Il soupira, et secouant la tête, s’approcha de lui. Bah, au pire il s’en prendrait une, et puis voilà. Mais visiblement, son Poursuivant préféré n’était plus disposé pour le frapper, ce qui le soulagea. Noé l’avait laissé s’approcher, sans aucun mot. Il s’était juste tourné vers lui, attendant d’entendre ce que l’Orphelin avait à lui dire.
Maaruh se glissa contre lui, et murmura quelques mots presque inaudibles.
Noé n’eut pas de réaction, juste un hochement de tête. Puis, avec un sourire attristé, Maaruh glissa sa main dans le col de son vieux pull.

« Tu ne portes pas de collier d’habitude. »


Il tira sur la petite chaîne du médaillon, et contempla le dessin. A nouveau, sourire.

« Je vois que tu as croisé la route du petit. C’est bien. J'espère qu'il t'a dit des choses qui te feront un peu réfléchir.»

Et il relâcha le médaillon. Sa main se posa sur la joue du Poursuivant.

« Fais pas de conneries Noé. Ne te fais pas de mal pour rien, et encore moins à lui. Y’a moyen de faire autrement, imbéciles. »


Puis, il se détourna. Il fit un petit signe à Adriel, lui adressant un large sourire, et retourna dans sa piaule. En fait, il les avait observé depuis le début. Et il n’avait donc pas pu s’empêcher d’intervenir. Noé était vraiment con. Mais ça le faisait sourire. Personne n’était parfait.

Noé resta un long moment silencieux. Il repensait à la phrase du petit blondinet. Ne t'enferme pas dans ta propre cage. Immobile, il ne savait pas quel chemin prendre. Finalement, il leva les yeux vers l’Orphelin. En fait, à présent, il n’était plus réellement en colère. Il ressentait toujours le poids de tout ceci, mais, et même s’il ne l’avouerait jamais, il n’était plus réellement en colère. Il regarda un instant ce petit oiseau, cet amant. Sa main vint ébouriffer ses cheveux sombres, il ne savait que faire. D’un côté, sa fierté le retenait, mais en même temps...Cela ne valait-il pas la peine ? Il soupira. Il abandonnait, tant pis. Il le regretterait peut-être, mais tant pis.
Il s’avança d’un pas rapide et décidé vers l’Orphelin, et sans s’arrêter sans hésiter, lâchant le sac au sol sans s’en soucier. Ses mains attrapèrent le visage, et il se pencha vers lui, et l’embrassa. Il l’embrassa avec passion, glissant sa langue entre les fines lèvres. Puis, il l’attira vers lui, laissant ses doigts se glisser dans les cheveux d’Adriel. Une fois qu’il eut enfin pu l’embrasser comme il le désirait, il déposa un dernier baiser, doux et léger sur le coin des lèvres. Il lui caressa la joue, gardant le silence. Il ne savait pas quoi dire.
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MessagePosté le: 06/04/2009 21:22:24    Sujet du message: Ten o'clock Répondre en citant

-...On dirait que...Que tu pourrais dormir avec n’importe qui, tu t’en foutrais, tant que ce serait quelqu’un.

Adriel resta silencieux, non pas parce qu'il ne savait que répondre mais pour une fois, préférait taire la réponse qu'il aurait faite pour ne pas défoncer une porte largement ouverte.
Bien sûr qu'il n'y a aucune différence, c'est ce qu'il aurait aimé répondre. Bien sûr que les bras de n'importe qui me conviennent, je ne suis attaché à personne, surtout pas à toi. Je peux me rapeller tes bras dans tous ceux qui m'enlacent, et ça peut me suffire.
Mais il préférait se taire. Pourquoi d'ailleurs? Parce que le poursuivant s'était avoué crever d'amour et que ça lui faisait fermer sa grande bouche (ou garder ouverte sur le vide c'est selon)? Peut-être, en tout cas il s'appliquait soigneusement à tourner la tête et regarder ailleurs comme s'il n'était pas du tout cloué sur le sol, comme s'il ne faisait pas partie de la situation. Je-ne-suis-pas-là. Non sérieusement... il rougissait presque de honte. Si au moins il pouvait se fondre dans le béton, de quoi réfléchir tranquille parce que là... Parce que là...
Le brun se releva, laissant un Adriel s'asseoir lentement, comme choqué par la nouvelle, qui se taisait toujours, et ça devait bien faire plus d'une minute, et c'était évidemment peu normal.
Je n’ai habité nulle part depuis la dernière fois que l’on s’est vu.
L'Orphelin sourit doucement, laissa tomber de ses lèvres une réponse qui ne représentait aucun danger pour lui, enfin il croyait, enfin textuellement il n'y avait rien de douteux.

- C'est dommage. C'était plutôt cool d'habiter quelque part. J'aimais bien.

Par "j'aimais bien" il se remémorait ses moment à faire la princesse dans un lit, passer ses journée à lire, se pouiller avec Noé, manger, emmerder Noé, dormir. Il avait aimé, c'était un bon moment, une belle expérience, des souvenirs agréable, ce qui était presque un oxymore. Mais son ton avait été léger, comme si au font il s'en foutait. C'était simplement sa version à lui de "puisqu'on peut rien y changer je vais pas sortir les violons et me mettre à chialer", ou autrement dit de ne pas tomber dans le mélo-dramatique.
Quitter la ville?
Oui qu'est ce que tu veux que ça me foute. J'en ai rien à carrer, va-t-en si tu veux, moi j'ai bien réussi à vivre presque un mois en croyant que tu étais mort et tout. Je m'en fiche. Et pourquoi tu pars si tu viens de dire que tu m'aimais? C'était juste une phrase à la con, comme ça, pour me faire cogiter tout seul? T'as pas remarqué qu'il y avait contradiction entre les deux? Bah va-t-en je peux continuer à t'imaginer dans les étreinte des autres.
Et je peux continuer longtemps comme ça.
Le reste de ma vie si je veux.
...
Si j'veux...

Sa tête s'était penchée en avant, comme s'il endurait déjà les flash d'un futur relativement misérable et vide. C'est marrant il se sentait subitement seul, sans aucune raison logique. Après tout le Poursuivant faisait sa vie, et s'il partait ça ne ferait qu'un monstre en moins sur les toits. Et malgré lui il agita les doigts de sa main les uns après les autres. Un, deux, trois, quatre, cinq années à vivre.
Maaruh semblait prendre les choses en main à sa place. Adriel le laissa faire, le regarda un instant s'approcher très près de Noé et lui parler tout bas, puis dévia son regard vers le ciel, les épaules à peine tendues. Il faisait confiance à Maaruh bien plus qu'à lui-même, de plus il estimait sincèrement que l'Orphelin était plus doué en relations humaines que lui et Noé réunis. Oui même si ça faisait bobo à son orgueil. Tu vois Maden je ne t'oublie pas en fin de compte.
Quand il se rendit compte que Maaruh partait il eut un geste pour le retenir. Mais il lui souriait alors... il devait le laisser faire. Noé restait apparemment, ce qui était une bonne idée en soi. A quoi bon puisque sans l'autre Orphelin pour intermédiaire ils n'arriveraient pas à s'entendre. C'était aussi clair que le ciel, jamais Adriel ne pourrait se mettre à nu comme le faisait Noé. Jamais il ne pourrait dire ouvertement qu'il l'aime, dans le cas où il serait tombé amoureux, se rattrapa-t-il mentalement, si le brun ne pouvait pas le comprendre de lui-même, alors il continuerait à souffrir pour rien. Il en était là de ses pensés quand celui qui en était l'objet fit demi-tour et fondit carrément sur lui. Alors il oublia tout. Tout. Toutes ses pensées dissolues comme de la poudre dans l'eau, comme un poison dans un verre. Rien n'était plus important que le baiser qu'il recevait, et ses bras enlacèrent l'autre cou, ses mains se perdirent dans les cheveux pour maintenir le visage contre lui, n'hésiteraient pas à le faire souffrir pour l'empêcher de partir. Il n'y avait que comme ça qu'il pouvait s'exprimer. Et en répondant le plus ardemment à la langue qui avait passé ses lèvres. Même si Noé continuait de l'embrasser sur la joue, il ne voulait pas le laisser s'éloigner, même s'il n'avait aucune idée de la façon dont la situation pourrait avancer. "Hé, articula-t-il difficilement, me laisse plus tomber d'accord?" Et le d'accord n'était pas une vraie question. Il aurait presque été désolé de ne pas pouvoir répondre "peut-être que moi aussi je t'aime, enfin j'en sais rien hein, j'dis ça comme ça". Peut-être que c'était indispensable dans la vie, il espérait que non. Ses lèvres revenaient inlassablement sur les autres. Affamé. C'était ça. Tout son corps l'était de toute façon. Il mordit plus longuement la lèvre inférieure, passant sa langue sur le pierging, raffermissant la prise de Noé sur sa taille.
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Hisao Noé
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MessagePosté le: 06/04/2009 23:07:57    Sujet du message: Ten o'clock Répondre en citant

[ Kyaah ! Il est déjà minuit ! XD Erm, je me suis peut-être laissée emportée...'_'" ]

Il l’embrassa. Il l’embrassa encore, et encore, retrouvant le plaisir du goût de ses lèvres. L’embrasser, toujours sans jamais s’arrêter. Mêler sa respiration avec la sienne, jouer avec sa langue.
Les mains du Poursuivant allèrent tenir la petite taille de l’Orphelin, rapprochant le corps du sien. Comme il aimait sa chaleur. Il voulait la sentir encore. Graver dans sa peau cette douce chaleur enivrante. Noé sentit sa peau frissonner lorsque les bras s’enroulèrent autour de sa nuque. Oh oui, vient te serrer contre moi...Serre moi, et surtout ne me lâche jamais.

Ne plus le laisser tomber ? Noé lui adressa un vague sourire, mi-triste mi-coupable. Pourtant, s’il aurait voulu lui répondre, il resta silencieux. L’avenir était tellement imprévisible. Il adressa comme seule réponse une étreinte chaude, et l’embrassa à nouveau.

En réalité, il savait. Oui, maintenant il savait. Il savait qu’Adriel ne le lui dirait jamais, ces mots qu’il voulait tellement entendre. Adriel ne marchait pas comme ça. Mais il ne perdait pas espoir. Noé espérait qu’un jour, peut-être, Adriel articulerait près de son oreille, et dans un doux murmure, le lui dira, et le comblera. Oui, il gardait espoir, même si c’était peine perdue.

Il soupira de plaisir lorsqu’Adriel joua avec sa lèvre. Comme lui il lui avait manqué. Comme il avait besoin de lui. Il se rendait compte à présent comme le petit oiseau avait prit une place presque capitale dans son existence. Il avait besoin de lui.

Comme il en avait eu l’habitude, Noé glissa son visage dans le cou chaud d’Adriel. Il y respira son odeur, avant de torturer cette peau sensible. Il mordilla un peu la chair tendre de son oreille, puis murmura presque dans un soupir qu’il ne sut contenir.

« Adriel... »


Il se délectait toujours de prononcer son prénom. Rien que ça, ça lui donnait un tas de frissons délicieux, et la chaleur ne cessait de monter. Il se mordit la lèvre inférieure, histoire de ne pas gémir juste pour ça, et soupira, esquissant un sourire.

« ...J’ai envie de toi. J’ai très envie de toi. »

Il articulait chaque mot, laissant sa voix grave et profonde résonner. Puis, il continua de torturer cette douce oreille, déposa un long chemin de baisers sur la jolie mâchoire efféminée, et dévora à nouveau les lèvres.

« J’ai tellement envie de te faire l’amour, Adriel... »


Il soupirait, et ses yeux étaient fiévreux. Tout son corps tremblait de plaisir. Il se retenait. Il se retenait de lui sauter dessus, de laisser libre court à son manque et de se faire presque sauvage. Mais pas ici. Il ne pouvait pas. Déjà rien que l’idée que Maaruh puisse les reluquer le stoppait de manière considérable. Il était presque certain que Maaruh était capable de carrément fantasmer sur eux, et...Bref. Il ne voulait pas imaginer la suite. Et en plus de ça, il faisait un peu frais et humide pour faire ça là. Les courants d’air c’est parfois fatal vous savez. Et Noé ne tenait pas à se retrouver avec le cul à l’air, non vraiment. Et puis, égoïste et jaloux qu’il était, il ne voulait pas que d’autres puissent se rincer l’œil sur le corps de son amant.

Alors il l’attira encore plus contre lui, et glissa son bras sous les petites jambes. Il fut légèrement amusé par ce moment. Il ne s’était jamais imaginé en train de porter Adriel comme une petite princesse, non vraiment. Heureusement, l’Orphelin était un poids plume, et ce fut très rapide. Il avait prit soin tout de même de récupérer son sac, le trainant derrière lui.

Très rapide, disons de l’emmener jusque dans un endroit, le premier qui lui était passé sous la main, qui paraissait bien à l’abri des regards indiscrets. Ainsi, ils auraient toute leur intimité. Et cette idée plaisait à Noé. Rien qu’Adriel, pour lui tout seul. Sien, pendant peut-être seulement quelques heures, mais sien.

C’était un vague abri abandonné, mais suffisant pour que Noé puisse repousser ce qui avait du servir de porte et rendre l’endroit clos. C’était totalement vide. Le Poursuivant déposa la petite princesse, et laissa finalement libre court à son désir ardent. Il se colla à l’Orphelin, et l’obligea à se recula, jusqu’à ce qu’ils se heurtent à un mur. Noé l’y plaqua sans aucune retenue, l’embrassant avec passion. Ses mains s’étaient à nouveau saisi des petits poignets de l’Orphelin, et Noé l’avait obligé à lever les bras, les gardant tout contre ce mur. Il était à lui.

Il se pressa contre ce corps, collant de manière appuyée son entre-jambe contre celle d’Adriel. Quelques soupirs s’échappaient de sa gorge, se muant doucement en de doux gémissements rauques.

« Adriel... »

Il inspira profondément, et plongea son regard fiévreux dans les yeux dorés. Son index alla doucement lui caresser la joue, comme pour contraster avec son désir sauvage de lui faire l’amour. Noé avait remarqué qu’il ne s’était jamais vraiment fait une telle réflexion mais...Oui, Adriel était...Beau. Il admirait ses yeux, ces deux petits bijoux en or. Il aimait ce corps à la peau hâlée, si mince, si délicat. Il hésita un instant, puis céda.

« ...Tu es beau. »

Il avait eu envie de le dire. De lui dire. Comme il lui avait manqué...
Puis, cette douce petite idylle fut stoppée net. Noé retira vivement son haut, et colla sa peau contre celle d’Adriel, se pressant contre lui, impatient. Ses mains lui caressèrent le dos de l’Orphelin, puis ses hanches, pétrissant langoureusement cette chair si délicieuse. Doucement, elles se glissèrent sous ce vieux jean, passant d’abord sur les jolies petites fesses. Puis, elles remontèrent, prêtes à aller caresser quelque de plus intéressant. Mais finalement, Noé changea d’avis. Finalement, une autre idée lui plaisait mieux. Un grand sourire étira ses lèvres, sensuel et...Un peu pervers en fait.

Gardant donc ses mains sur les hanches du petit brun aux yeux dorés, il embrassa doucement sa gorge. Puis sa langue traça un long chemin jusqu’à l’un de ses tétons, et ses lèvres allèrent l’envelopper dans une douce étreinte meurtrière. Il le mordilla un peu, avant de s’en désintéresser et de continuer sa route jusqu’au nombril. Il y dessina de multiples arabesques étranges, déposant des baisers sur le petit ventre, se dirigeant de plus en plus dangereusement vers le bas. Finalement, ses lèvres rencontrèrent le bord du vêtement. Tout d’abord, il laissa sa bouche s’appuyer contre le membre au travers du tissu rigide. Une fois qu’il fut satisfait de son effet, il cessa. Et sans hésiter, il utilisa sa langue habile pour le déboutonner, et tira la braguette avec ses dents. Pas de pitié.
Il déposa d’abord une série de baisers très légers le long du membre, comme pour le faire languir et le pousser jusqu’aux dernières limites. Lorsqu’il eut atteint l’extrémité sensible, il joua d’abord avec, faisant danser sa langue qui la couvrait de salive. Puis ses lèvres l’englobèrent, et il suça avidement. Ses doigts s’enfoncèrent doucement dans la chair de l’Orphelin. Il bandait rien qu’à le sucer, et pu bientôt ne plus se retenir. Il aurait voulu le faire attendre, jouer avec son plaisir, mais lui-même avait du mal à se contenir. Alors il enfonça le membre jusqu’au fond de sa gorge, laissant glisser ses lèvres humides contre la verge. Il sentait le bas de son ventre se contracter de plaisir tellement c’était délicieux. Il entama rapidement des allées et venues, resserrant à chaque mouvement l’étau de ses lèvres avides. Ses mains à présent massaient doucement sous le plaisir. Une chaleur brûlante s’était emparée du corps de Noé. Il le voulait. Tout en restant délicat, le Poursuivant continua encore quelques instants, puis finalement se redressa, toujours collé contre le corps d’Adriel. Il ne voulait détacher sa peau de la sienne. Il retira rapidement le reste de ses vêtements, puis sans rien demander, allongea l’Orphelin au sol. Il ne lui demandait pas vraiment son avis, aujourd’hui c’était lui qui dominerait. Et si Adriel ne l’avouerai jamais, Noé savait très bien qu’au fond cela faisait jouir l’Orphelin.
S’étant saisi des cuisses du petit brun, il les appuya sur ses épaules, faisant passer les jambes autour de son cou. Il lui dévorait à nouveau la nuque, débordant de désir. Il gémissait doucement, soufflant contre la nuque. Il était impatient, mais gardait tout de même une certaine retenue. Ce fut donc d’abord ses doigts qui allèrent doucement chatouiller son intimité, jouant avec ses sens, le poussant à gémir et à en demander plus. Jusqu’à ce qu’il décide de le pénétrer, et d’enfoncer en son ventre son propre membre durcit. Il fut enveloppé dans une chaude étreinte, étau de chair jouissif. Une fois qu’il fut au plus loin, il poussa un vague gémissement, articulant dans le silence le prénom de son amant.
Puis, il entama dans une danse enivrante un mouvement de pénétration d’abord lent, puis un peu plus rapide. Noé sentait la tension grandir en son ventre, et il n’en pouvait plus de soupirer et de gémir. Son corps suait, et ses mains tremblaient. Comme c’était bon, de mêler son corps avec le sien, son sexe, sa peau. Sentir ses sens lui donner un plaisir presque inimaginable. Il ondulait contre son bassin, se cambrant, plongeant parfois son regard dans celui de l’Orphelin. Oui, il en était carrément amoureux.
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Adriel
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MessagePosté le: 11/04/2009 10:16:35    Sujet du message: Ten o'clock Répondre en citant

Adriel ne répondit que par un gémissement. Peu éloquent il était vrai, mais chargé de tout son assentiment. Fais moi l'amour alors, puisque tu en autant envie que moi, et surtout fais le maintenant. La proximité de l'autre corps lui était vraiment montée à la tête.
Noé semblait vouloir mettre ses idées à exécution car quelques minutes il fut emmené dans un abri de béton, cube entièrement vide, où il faisait encore plus frais que dehors. Ce ne serait pas un problème il n'avait pas prévu de s'éloigner de celui qui le portait.
Ses jambes eurent à peine touché le sol qu'on le poussa contre un mur et qu'un corps chaud et avide se plaqua contre le sien. Un frisson secoua son dos, si intense et si lent qu'il se demanda si ça lui plaisait à ce point d'être à deux doigts de se faire prendre de façon plus ou moins sauvage. Quelque chose franchit ses lèvres, un morceau de voix à la fois extasié et plaintif, ne demandant qu'à se faire allonger sur-le-champ. Il n'était même plus en état de se rapeller qu'il détestait produire ce genre de son, ne pensait qu'à répondre au baiser le plus lascivement possible, son bassin collé contre l'autre, son bassin se frottant sans honte contre l'autre. Il ne protesta pas quand on lui emprisonna les poignets, se contenta d'un nouveau frisson un peu plus fort, laissant ses cheveux envahir ses épaules, et tout le reste de son corps absolument sans défense.
Beau? Genre comme quand il fait soleil?
Adriel savait qu'il pouvait être sensuel quand il le voulait, et que son corps était désirable sinon toutes ses conquêtes auraient eu un sérieux problème mais "beau"? Oui, non, peut-être, il n'en savait rien, il s'en foutait. Si Noé le disait c'était sûrement vrai, et si Noé le disait ça lui faisait plaisir.
Sa peau embrassa l'autre quelques minutes, le temps de glisser ses mains sur les omoplates, le temps que ses paumes avides se gavent de la chaleur de l'autre corps. La bouche de Noé se referma sur sa poitrine et ses dents mordirent la chair tendre de ses lèvres, soupirant son plaisir.
Noé, Noé...
Les doigts de l'adolescent se glissèrent dans la chevelure sombre alors que celle-ci lui échappait déjà, se dérobait et filait plus bas.
Noé finit d'ouvrir son pantalon, du bout des dents, libérant sous couvert de tissus fin et noir un sexe qui se tendait en direction de ses lèvres, si désireux de les atteindre que l'adolescent dû se glisser quelques doigts repliés entre les dents pour empêcher tout mouvement de hanches vers l'avant.
Non Adriel tu ne quémanderas pas, tu ne supplieras pas.
Ses dents marquèrent sa chair un peu plus, au vu de la façon dont son partenaire tenait à le faire languir en se contentant pour l'instant de caresses frustrantes, un grand sourire aux lèvres. Frustrantes mais plaisantes, il n'aurait pas réussit à prétendre le contraire. Il laissa Noé jouer avec son corps, tentant de réprimer les frissons dont était agitée sa peau. Puis subitement les lèvres glissèrent le long de son membre, l'englobant dans un nid de chaleur.
Huuuh...
Tout son corps se tendit, ses paupières frémirent avant de réussir à se fermer normalement, et il tendit son visage vers le plafond tandis que son membre fondait littéralement contre la langue de Noé. La chaleur de sa bouche l'enveloppait complètement... en fait il avait l'impression d'être lui même niché entre ses lèvres, au creux de sa langue... Il était peu près certain de n'avoir jamais autant pris son pied dans sa vie, et ce truc qu'il faisait avec sa langue c'était trop... haa....
Il gémissait tout haut, cambré et adossé au mur, les hanches tendues en avant pour mieux les offrir, les doigts étroitement emmêlés au cœur des mèches noires. Pour rien au monde il n'aurait voulu qu'il arrête, même s'il devait mourir l'instant d'après. Il ne voulait... vraiment pas. Il arrêta de murmurer (tiens, il murmurait? mais qu'avait-il dit?) quand ses doigts se crispèrent un peu plus sur les cheveux noirs, ne faisant plus que respirer de façon saccadée en se sentant peu à peu partir. Il jouit dans la bouche de Noé, les mains tellement crispées sur sa tête qu'il ne lui laissait par d'autre solution que d'endurer et avaler. Il mit du temps à vraiment le relâcher, comme si ses mains ne dépendaient plus de son cerveau -où comme si son cerveau était complètement hors d'usage. Le reste de son corps était pareillement distancé, il tenait toujours debout par miracle, il ne sentait plus ses jambes. Et il se sentait bien...

Il se fit allonger sur le sol irrégulier, et rapidement surplombé par Noé. Il ne trouvait rien à redire à la situation même si un petit quelque chose clignotait à travers la brume de son cerveau, sans savoir quoi précisément. Il aurait peut-être du avoir quelque chose contre quoi protester mais il ne voyait vraiment pas. Même si sa position était un peu dérangeante, même s'il était livré au Poursuivant. Aucune importance ce serait... bien non ? Il geint un peu quand les premiers doigts vinrent en lui, comme pour souligner si Noé ne s'en souvenait pas qu'il n'était pas un soumis (mais que cette fois bon vu où ils en étaient ce n'était plus très grave). Comme ses jambes squattaient les épaules du brun, il était plaqué pour de bon contre le sol, son visage et ses expressions trop mises en évidence à son goût. Aussi par fierté il essayait de les contenir, croisant ses bras sur son torse et serrant ses mains sur ses épaules. Geste qui devint obsolète quand Noé entra en lui. Il oublia même de se mordre la lèvre pour réprimer le long soupir qui montait de sa gorge. Encore, encore...
Les mouvements de Noé étaient délicieux de par leur lenteur, lui laissant le temps d'apprécier tout le glissement qui s'opérait entre leurs corps, et d'en demander plus. Il regrettait de ne pas pouvoir se plier en deux pour l'embrasser. Ses bras s'enroulèrent autour de son corps, une main se posant sur sa hanche, l'autre dans les cheveux, arrivé à un point où même s'il se donnait en spectacle, il s'en foutait complètement.



Il y avait eu un moment de blanc après l'orgasme. Blanc et inaction. Il avait profité du fait de retrouver ses jambes pour se rasseoir, passer une main distraite dans son dos, où des gravats étaient restés collés, puis se rapprocher du corps du Poursuivant, se couler dans ses bras, se blottir contre son torse, et suivre du regard les vêtements éparpillés un peu plus loin. Le truc qui battait dans sa poitrine était resté à un rythme soutenu, sa peau était couverte d'une fine pellicule de sueur qui en séchant le faisait frissonner. Il murmura le prénom de son amant (?) et posa ses lèvres sur sa gorge, sur son épaule, pour remercier son corps du seul mérite d'être chaud, et présent. Puis il défit son cocon de chaleur, se déplaça pour se mettre à califourchon sur les autres cuisses, ventre contre ventre, et parce qu'il était assis sur lui il était un peu plus grand que le brun. Sa mine était sérieuse, et il se pencha sur les autres lèvres pour les effleurer. Des images passaient devant ses yeux, réminiscence d'une seconde de ce qui venait d'avoir lieu. Et il parvint à chuchotter qu'il avait aimé, que putain c'était trop bon Noé. Et par déroulement du fil on aurait du arriver à un "je t'aime Noé" qui ne fut jamais prononcé, mais tellement sous entendu... et remplacé par un baiser humide et langoureux, par une langue qui redescendait le long du cou pour laisser un suçon quelque part, juste goûter au sel de l'autre peau, l'agacer encore, s'en remplir la bouche, l'empêcher de partir.
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MessagePosté le: 24/09/2018 16:41:29    Sujet du message: Ten o'clock

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