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:: Les larmes du ciel... ::

 
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Nathaniel Ko
Orphelin

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Messages: 67
Âge: 17 ans
Résidant: Hearts
Armes de prédilection: Ses pieds
Tendance: Uke

MessagePosté le: 02/03/2010 20:29:13    Sujet du message: Les larmes du ciel... Répondre en citant

Il pleuvait ce jour-là... et Nathaniel n'avait pas envie de chanter. Ses petits pieds faisaient gicler l'eau glacée qui recouvrait les toits de Diamonds, pris d'un désespoir soudain il avait voulu fuir Heart. Peut-être pensait-il que cela changerait quelque chose ? Mais non, rien n'avait changé, il ne pleuvait qu'un peu plus. L'eau du ciel rendait froid tout ce qu'elle touchait, les cheveux blancs de l'enfant ne caressait plus tendrement son visage. Ils semblaient à présent se coller à lui, cherchant une chaleur que l'orphelin n'avait pas. Ses vêtements épousaient sa peau dans une étreinte traîtresse de froideur. Son T-shirt bien trop grand était passé transparent et laissait deviner les ailes dans le dos du petit ange. Mensonge...mensonge, les enfants ne deviennent des anges que quand ils chutent pour laisser leurs âmes s'envoler vers le ciel, les orphelins n'ont pas d'ailes, ils ne peuvent voler. Les illusions qui recouvraient le dos de l'adolescent n'étaient que de béates blessures d'une époque révolu dont le porteur ne savait rien. Les gouttes, petits cristaux accrochés à ces cils neige, tombaient doucement devant ces grands yeux bleus. Le bleu semblait s'être éclaircit dans la douleur et la lassitude, comme dilués par les larmes du ciel. Parfois cela arrivait, parfois Nathaniel lâchait prise et tombait dans le gouffre de la peur. Que faire quand la souffrance et la peur devenaient trop fortes ? On pouvait tenter de se rattraper au passé pour peut-être, se hisser un peu plus haut. Mais l'orphelin n'a pas de passé et sans passé que devient l'avenir, la corde des souvenirs était trop haute pour qu'il puisse l'atteindre. Aujourd'hui encore, l'enfant avait glissé pour chuté un peu plus encore, il n'en mourrait jamais, mais en souffrait chaque fois un peu plus.

Tel une lame, le doute vient se servir dans le petit coeur fragile, n'en prenant qu'un tout petit morceau, un de plus. Nathaniel soupira, laissant un nuage blanc sortir de ses lèvres roses, froides et tremblantes. Il a la tête baissée, car le courage de regarder le ciel l'avait un peu abandonné, bientôt il ira mieux, bientôt un chant s'élèvera des toits pour remplir l'air de douces notes. Mais maintenant la bouche est close et les yeux pleurent, comme le ciel, c'est un jour de larmes...

Il les essuyait d'ailleurs avec une rage pleine de frustration, pourquoi pleurer ? Pourquoi ce jour-là, plus qu'un autre ? Voilà des années qu'il vivait, avec son corps vide de sens, quand on n'a pas de passé, la raison de vivre s'efface et se met hors de porter pour la main désespéré qui tente de la saisir. Alors, Nathaniel ne comprend juste pas, il sait que pleurer ne lui apportera rien que des yeux gonflés de rouge et surtout il n'avait rien à regretter. Les enfants pleurent la chaleur du foyer quitter, la nourriture qui remplissait le ventre ou encore les parents qui aiment parfois...mais lui n'a pas ça, il n'a pas de souvenirs à pleurer, le pont des regrets a été brisé et il ne peut le franchir. Pourtant, elle est là sa plus grande souffrance, celle qui le fait parfois hurler tel un fou et pleurer comme un petit enfant, il n'a rien...rien qu'il ne peut saisir comme tout orphelin, mais surtout, rien qu'il ne puisse se rappeler. Elle n'est pas loin, la vérité, dans sa petite tête et cependant il ne peut l'atteindre malgré les efforts et l'envie, il ne fait que se bouffer un peu plus le coeur, s'abîmant l'âme.

Alors, dans ses moments d'égarement Nathaniel se perdait pour tenter de mieux se retrouver, il cherchait le bonheur là où il le pouvait. Dans ce qu'il aimait malgré tout mais aujourd'hui, pas de vent, juste une pluie qui le glace aggravant un peu plus sa blessure. L'enfant essuya d'un dernier mouvement de nouvelles perles salés, geste qui ne servit qu'a mélangé les larmes et la pluie sur son visage déjà trempé. Il respira profondément l'air froid et d'un coup, se mit à courir, se moquant bien de glisser. Ses pieds nus émettaient des sons si légers en effleurant le sol qu'on pouvait penser qu'ils ne le touchaient déjà plus. En réalité, l'orphelin s'apprêtait à le quitter, cherchant à le tromper avec le ciel l'espace de toutes petites secondes. Il accéléra jusqu'à sauter, atterrissant rapidement et avec grâce sur un autre immeubles. Nathaniel n'arrêta pourtant pas sa course folle, ignorant tout ce que représentait son corps, il jouait avec le dieu du vent, le narguant. Les ailes de son dos pourraient à cet instant paraître réel, tel un ange, il volait au-dessus de la mort, mais même un ange pouvait se brûler les ailes. Et l'orphelin n'ignorait pas que le dieu du vent changeait vite d'humeur pourtant il continuait son jeu de mort, sûrement était-il un peu fou quelque part... Et ce qui devait arriver, arriva, le pâle adolescent glissa et ne dû son salut qu'à sa main, qui par réflexe accrocha le rebord mouillé et glissant de l'immeuble désiré. L'idée de lâcher prise une fois pour toute, de s'envoler pour chuté vers l'abîme dangereuse qu'était devenu le royaume du dessous traversa l'esprit de Nathaniel. Mais quand celui-ci tenta d'imaginer la mort, il ne sentit qu'un vide immense, si proche de cette sensation qu'était son absence de passé, il eut peur. L'adolescent fut pris d'une vague de terreur face à la mort, pour la première fois sur ces toits si familier. Il gémit et se hissa du mien qu'il put sur le sol sale et trempé.
Levant une main vers le ciel, l'orphelin fini par ouvrir la bouche et murmura :

- Maman...papa...

Non, il n'était pas en train de se souvenir de ses parents, il testait juste la sonorité de ces deux mots, qu'il ne se souvenait pas, avoir jamais utilisé. Réflexe délirant que l'adolescent avait dans ses moments de craintes. Nathaniel tentait de goûter une saveur inconnue sans parvenir à savoir si le goût était doux ou amère. Se relevant péniblement, il sentit quelque chose glisser de son cou, rattrapant l'objet de justesse, il se retrouva avec son bandage dans les mains. Une autre vague de détresse le secoua, cet objet était le masque d'une autre partie de lui, une partie que Nathaniel craignait plus que tout. Des cicatrices, horribles balafres qui n'avait jamais voulu vraiment se refermer, elles marquaient sa chair telle une malédiction

Son souffle déjà rapide s'accéléra, il rangea rapidement la bande de tissus dans sa poche, ne pouvant la rattacher tellement l'eau l'avait imbibée. Il se remit debout et se remettant à courir, il sauta encore une fois et encore une fois la chute fut rude. Si l'orphelin ne tomba pas encore dans le vide, la réception en resta violente, glissant, il tomba en avant. Il n'était plus rien, ses ailes s'étaient déchirées, il sentait la douleur le prendre partout tel des épines s'enfonçant dans sa chair. Et quand enfin Nathaniel pensa pouvoir se relever, sa respiration se bloqua douloureusement, il se mit à tousser violemment, suffoquant, cherchant l'air qui ne venait pas. L'humidité n'arrangeait rien, se forçant à s'allonger, l'adolescent faisait de son mieux pour calmer la crise d'asthme qui le secouait. D'un point de vue extérieur on aurait pu croire que l'enfant convulsait alors que ce n'était que la toux incessante qui secouait son petit corps brisé.

Comment décrire la souffrance de l'étouffement, cette sensation terrible qui vous écrase les poumons, on a beau ouvrir la bouche pour respirer, rien ne rentre. L'air est là tout autour, mais Nathaniel n'arrivait plus à l'atteindre. Enfin, il savait que ce n'était qu'une petite crise qui s'arrêterait dans quelques minutes... Le laissant épuisé, détruit mais vivant... Lentement, l'adolescent s'apaisa, reprenant un souffle plus régulier, il restait allongé, doucement la pluie venait nettoyer son corps inerte... Il était juste un peu fatigué... Son regard se perdit dans le ciel gris, le ciel en pleurs...
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MessagePosté le: 02/03/2010 20:29:13    Sujet du message: Publicité

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