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:: Les rêves oubliés. ::

 
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Innocence Takahashi
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MessagePosté le: 04/04/2010 23:20:27    Sujet du message: Les rêves oubliés. Répondre en citant



Azusa ... Je m'en vais.


Cette odeur de fleur qui se répand autour de moi m'enivre. Je ferme les yeux, abandonné à une douceur que je n'ai connu que trop peu. Ce parfum aimable qui flatte mon univers anéanti. Innocence n'est plus rien, dissipé dans ce rêve amidonné. Ne demeure plus qu'un étrange murmure flattant l'enceinte de ce lieu de verre. Qui suis-je en fin de compte ? Me voilà perdu entre le masque du Lièvre et les cris d'Innocence. La douleur me semble infâme alors que le portrait de l'animal se meure en même temps que moi. Je fixe les nuages se répandre dans le ciel clair. J'en admire la beauté blafarde, étendant mes doigts devant mon visage pour les atteindre. En vain. Mon membre retombe mollement sur le sol, et poussant un soupir terrible, je laisse quelques larmes courir sur mes joues laiteuses. L'épuisement me dévore lentement, comme un fauve qui se repaît de ma faiblesse croissante. Je vois son visage se fendre d'un rictus terrible, moquerie plus qu'évidente devant le pauvre Lièvre enfin chassé. L'ange tombé du ciel le plus noir qui soit, ailes brisées autant que les os. Mon corps se refuse encore à se mouvoir. Et je sens dans mon dos naître une marre étrangement brûlante, dont la couleur épaisse ne tarde pas à paraître à mon regard azuré. Mes doigts fébrilement se tende vers le liquide infâme, et en effleure la surface étonné, comme autrefois avec Azusa.

Ploc.
Ploc.

" Dis-moi Chapelier, qu'as-tu ressenti lorsque le temps s'est arrêté ? "

Mes cheveux se collent à mon front, mêlés de sueur et de sang. Je tente de me mettre sur le côté, dans une position plus confortable, en vain. La douleur est infâme, et je ne peux retenir ce gémissement qui fend le silence blafard. La vie du Lièvre va s'en doute s'interrompre ici, sans jamais plus avoir connu le repos, ou l'exaltation d'un vol. J'aurais voulu crever dans ce ciel azuré. A croire que je fus maudit jusqu'au bout. Et pas même ces sourires innocents ne peuvent m'arracher à la tristesse de cette existence solitaire. Seize années à présent, et c'est comme si je portais le poids du monde sur mes épaules. J'ai aidé ces orphelins perdus à retrouver leurs chemins. Je l'ai fais jusqu'au bout, en ta mémoire Azusa. Je n'ai été que sourire et douceur, et si je ne récoltais que la violence, j'ai quand même tendu l'autre joue, car la seule pensée de les savoir en sécurité me reposait. Mais que reste t-il du murmure de Diamonds ? Rien. Le Lièvre de Mars, adulte véloce de Yokkai n'existera bientôt plus. Je sens mon souffle s'échapper avec la brise clémente. Mon corps est inerte, répandu dans ce liquide infâme. Je ne peux plus bouger, et la souffrance consume les nerfs à vifs. Innocence s'en va lui aussi, brisé dans sa triste vie de personnage imaginaire.

Tout ce gâchis. Ces espoirs abandonnés au ciel lui-même.

Avec ironie je songe à ce qui m'a conduit ici, sur ce bout de corniche suspendue dans le vide. Une bien étrange poursuite avec un visage plus adulte que le mien. Je me joue de lui, volant comme jamais je n'ai pu le faire auparavant. Mais l'existence à ceci de cruelle que le conte ne se termine pas toujours par un Et ils vécurent heureux pour toujours. Ma cheville autrefois blessée s'est brisée nette avec l'effort, et je suis tombé sur cette corniche aimable, transperçant d'un clou terrible ma chair laiteuse. Comme si ce froid bout de métal m'attendait là, me recevant d'une caresse malicieuse. Mon flanc s'est mit à saigner, transpercé de part en part. Et me voilà abandonné là, à mon triste sort, attendant que la mort me prenne enfin. Le grelot teinte dans ce silence aimable. Un sourire vient fendre mon visage blafard, songeant alors à cette rencontre d'autrefois, après une chute semblable à celle d'aujourd'hui. Sauf que je ne sourirai plus jamais, emporté par la faiblesse croissante de mes os fragiles. Les souvenirs défilent dans ma caboche harassée. Papa, maman, Franck, Azusa. Azusa. Je vais te rejoindre au pays des rêves oubliés. Ne restera de cette aimable carcasse qu'un grelot avide de teinter avec la brise. Je n'ai pas pu réaliser ton rêve de me voir vivre, et vieillir. Je suis désolé. Tellement désolé. Mais le destin s'est montré cruel, et me voilà seul à jamais.

" Dis moi Chapelier, qu'as-tu ressenti lorsque le temps s'est brisé ?"

Je sombre une première fois au son du vieux grelot, hanté par le visage de celui qui se fait appeler Kami-sama. Le rêve ne dure qu'un temps, et c'est une douleur lancinante qui m'éveille soudain. Je gémis, affaibli par la fatigue. Le temps s'est écoulé, et le crépuscule rougeoyant fait tomber les nuages sur l'horizon. Je tremble, soudain rattrapé par cette vie tristement malheureuse. J'ai tout perdu, jusqu'à me perdre moi-même. Je ne vois là qu'un chemin qui s'est effondré sous mes propres pas, et je ne peux empêcher les larmes de noyer mon visage blafard. La mort tarde à venir me prendre pour le dernier voyage. J'adresse alors une pénible prière aux dieux du vent. Je veux encore croire que quelque chose, m'attend, que Azusa m'attend, et que je pourrais tendre enfin mes bras vers son visage. En vain. Ne subsiste ici-bas que cette obscurité latente et dévorante. Les toits sont à présent silencieux, et seul le grelot teinte encore, amusant sans doute la brise aimable. La marre de sang se répand encore en un terrible tableau sur cette corniche sale. Le froid me gagne, et je ne peux résister encore à cette torpeur infâme.

Un grondement.

Si sourd que la colère des dieux, me semble être un complainte en mon hommage. L'orage s'en vient par le nord, et la pluie ne tarde pas à se mêler de mon histoire. Elle noie d'une caresse les larmes qui s'écoulent sur mes joues laiteuses, effaçant lentement le chagrin qui me dévore, le remplaçant par une résignation terrible. Le temps va s'effacer pour moi ici, sur ce bout de corniche en contre-bas. Alors je ferme les yeux, écoutant le murmure des larmes du ciel. C'est beau, si beau que mon cœur s'en apaise. Le dernier souvenir, la dernière ligne sur ce roman limpide. La tristesse du conte s'arrête enfin, et laisse au néant la place qui lui est dû. Je me vois écrire les derniers mots, traçant dans cette imaginaire laiteux la tendresse d'un adieu. Au revoir Yokkai. Adieu cette beauté singulière des toits de Diamonds. Et toi, horloge grinçante, éternelle éphémère dans ce silence aimable, toi qui m'a accueillit lorsqu'il ne me restait plus qu'un tendre rêve. Merci.

"Dis moi Chapelier, qu'as-tu ressenti lorsque tu n'étais plus rien ? "

Un dernier soupir avant de sombrer dans l'inconscience de cette beauté agonisante. Le sang est chaud sur ma peau blafarde, mais la mort aimablement froide. Je me meure enfin sur ces toits avides. Seul, échappant au terrible sort du charnier anonyme. Je suis le Lièvre de Mars, dont ne restera ici bas que le grelot. Un dernier conte pour celui qui voudra bien se poser les bonnes questions. Encore quelques instants, et mes yeux se ferment tendrement sur le monde. Les sons me parviennent encore dans l'obscurité naissante. Ce dernier soubresaut de la vie, répandu dans cette marre écarlate. L'azur disparaît, pour ne laisser paraître qu'une teinte effroyable et mortelle. Je disparais, comme le sourire du chat devant Alice. Mais un chat peut-il seulement sourire ?

" Dis moi Chapelier, à quoi ressemble le pays des rêves oubliés ? "


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MessagePosté le: 04/04/2010 23:20:27    Sujet du message: Publicité

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Nathaniel Ko
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MessagePosté le: 09/04/2010 20:46:53    Sujet du message: Les rêves oubliés. Répondre en citant

Je n'aime pas ça...


Le ciel était en colère, il pleurais et criais, ce n'est pas bon. Voulait-il nous prévenir ou bien nous punir, je ne saurais vraiment le dire, mais...

Je n'aime pas ça...


Le sol est froid et glissant sous mes petits pieds nues, j'étais aller me reposer à Diamond, cependant pour trouver un abris, j'ai préféré rentrer à Heart. C'est un refuge que je connais bien mieux et depuis longtemps. C'est un peu mon arche de Noé... Sautant de toits en toits, je manquais plusieurs fois de tombé ou de me briser quelque chose. La pluie n'était pas bonne pour moi, je n'avais pas de chaussures, je ne voulais pas, je voulais sentir la froideur du sol sous ma peau. Cette froideur qui représentais finalement bien le monde dans lequel nous vivions...ou plutôt survivions. Mais je devais admettre que par un tel temps, des souliers m'empêcherais de glisser...qu'importe, tant que je peux voler.

Quand la transition entre les deux quartiers est à distance raisonnable, je ralentis, mais pas trop longtemps, juste assez pour me rendre compte que je commençais à avoir froid, trempé par ses larmes froides.
Tout est silencieux, même les gens d'en-bas se sont tut, ce doit être à cause du chagrin du ciel. C'est sans doute pourquoi dans ce silence, que seul l'effleurement de mes pieds sur le sol brisais, j'entendis ce sons doux et infime. M'arrêtant et tournant la tête, j'avais d'abord eu peur que cela soit le bruit d'une arme d'un poursuivant, sortit en discrétion. Mais il n'y avait rien au alentours, rien que des toits gris, glacé et sales. Soupirant, je pensais me remettre en chemin, voler à nouveau, quand le murmure cristallin teinta à nouveau l'air de sa musique. Tournant la tête et repérant la direction du sons, je me mis à courir, sautant quelque immeuble. Je fini par stopper ma course devant un vide de petit distance, mais l'immeuble d'en face possédant un petit bord, je préfèrais prendre de l'élan pour ne pas m'y cogner les pieds. Je cours, je cours et je m'envole...bien plus loin que je ne l'avais prévue. Je passais bien au-dessus de l'obstacle, continuant sur ma lancée.

C'est une tâche rouge qui me fit perdre ma concentration, je baissais les yeux, ceux-ci rencontrèrent regard fatigué et un peu vide. Hoquetant, je me réceptionnais mal et glissais sur plusieurs mètres. Haletant, je me redressais en titubant un peu, m'approchant de l'étrange créature allongé plus loin. Marchant innocemment dans la grande flaque rouge, je m'accroupit, les mains sur les genoux, me penchant un peu en avant. Je dévisageais de mes grands yeux bleus le visage pâle face à moi.

- Tu as de jolies yeux, ils ressemblent aux miens.

Souriant, je me penchais un peu plus.

- Il ne faut pas que tu arrêtes de voler, sinon tu vas retomber en bas, d'accord ?

Me redressant, je pris une des bandes qui entourait un de mes bras, bandages que j'avais volé pour remplacer celui de mon cou quand il serait trop abîmé. Me concentrant à nouveau sur mon étrange découverte, je cherchais à savoir d'où le rouge sortait mais c'était difficile, finalement un objet, gris, brillant attira mon attention. Il était attacher à sa chair, un petit rire m'échappa.

- N'es-tu pas fou de tombé ainsi sur un clou ?

Attrapant délicatement la tête du bout de ferraille, j'entrepris de le sortir doucement, barbouillant mes mains d'écarlate. Les laissant se rincer par les larmes des nuages. Faisant se redresser le garçon qui ne bougeait pas assez à mon goût, je soulevais son haut imbibé de sang, passant la bande blanche, qui cacha peu à peu la vilaine blessure. Chantonnant, je souriais toujours.

- Mais tu ne penses pas que moi aussi je suis fou ? Après tout, si je n'étais pas fou, je ne serais pas venu ici.

M'entendais t-il ou pas, je m'en fichais un peu en fait. Le déplaçant de tel sorte qu'on s'éloigna de la grande tâche rouge. Je m'assit à côté de son corps allongé, souriant en jouant avec mes pieds, fredonnant un air inconnus tout en tripotant mes cheveux blanc et humides. Je laissais la pluie rincé le sang qui colorait encore nos deux corps.
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Innocence Takahashi
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MessagePosté le: 29/05/2010 11:53:24    Sujet du message: Les rêves oubliés. Répondre en citant

La mort …

Elle me tend les bras comme une amante bienveillante. Je ne sens plus rien, hormis ce froid glacial qui se répand dans mes os fragiles. Je frissonne, sentant cette vie m'échapper lentement, si lentement que je pourrais presque la sentir sous mes doigts osseux. La beauté de l'existence est là, dans ce dernier souffle, ce dernier regard adressé au cieux. Eux-même pleurent la disparition de l'enfant déchu. Un ange dont les ailes se sont brisées à jamais. Le lièvre est mort dans ce monde blafard, et je m'en vais, galopant sur les nuages sombres au dessus de ma tête. Mes yeux sont vides, habités par cette lueur tristement blafarde. Je pleure avec le ciel, encore et encore, effrayé de cette mort que je fuis depuis plusieurs mois déjà. Je ne voulais pas finir si tôt, pas comme ça.

Azusa.

Je n'ai pas tenu ma promesse. Tout ça fut vain. Une manière quelque part de te retrouver lorsque j'en avait le plus besoin. Mais ne reste ici-bas qu'un tas de cendres encore fumantes. Cette vie se disloque, semblable aux souvenirs que je vois disparaître dans mon esprit harassé. Ne reste là qu'une vision bien étrange, collée à ma rétine mourante. Je vois ton visage souriant, perdu dans ce dernier envole. Tu es beau. Et la peur s'évanouit, en même temps que mes larmes. Je n'ai plus conscience de la rivière d'écarlate transformée en un dernier linceul. Troublante vision qui me paraît là dans cette demie conscience. Azusa, je vais te rejoindre. Du moins je le souhaite plus que tout. J'ai peur … peur d'avoir vendu mon âme aux dieux de Yokkai, et qu'ils ne me laissent pas le choix de te revoir encore.

Mes yeux se ferment, attendant cette fin douloureuse qui ne vient pas encore. J'ai froid, si froid. Et c'est alors que je sens une main sur mon front brûlant. Je croise ton regard mon aimé. Ta vision érodée m'arrache un sourire triste. Tu es là, dans mes derniers instants, contemplant mon dernier souffle. Je tends vers ton visage une main tremblante. Une illusion. Je le sais, mais je veux y croire. Tellement y croire.

« ...A...Azusa ... » Un simple murmure, triste et terrifié.

J'ai peur, si peur de m'en aller, et de ne pas te retrouver. Et l'inconscience me gagne, jusqu'à me dévorer.

Le temps s'égrène alors, en même temps que les larmes du ciel. Je dois être bien pâle, mais pas une seule pensée ne vient m'agiter. Je ne suis qu'un corps sur le point de mourir. Mon esprit lui s'est déjà détaché de cette réalité douloureuse. Je vois ce corps comme si ce n'était déjà plus qu'une carcasse vide. La mort est sur le point de m'engloutir, lorsque je sens une présence, là, tout près, et ce n'est pas une douce illusion.

J'ouvre difficilement les yeux, papillonnant sur le visage adolescent d'une merveille de neige. Il est beau cet ange tombé du ciel, et je me surprends à lever une main fragile vers ce tableau des dieux, cherchant par là à savoir si ce n'est pas qu'un tendre mirage avant la mort. Je souris à sa phrase, admirant sa beauté céruléenne, caressant du bout des phalanges la douceur de sa joue. Mais la force m'abandonne, et mon corps retombe dans une faiblesse évidente. Le souffle rauque n'est plus que le témoin d'une mort avide de me prendre avec elle.

Voler ?

Non je ne suis plus capable de voler. Ma cheville s'est brisée, rompu avec l'effort que je lui ai demandé. Le lièvre est mort, mes ailes brisées. Plus jamais. Et aucun mensonge, ni douce parole ne pourra me faire croire que je pourrais courir comme autrefois. Si je ne suis plus capable de fuir, je n'ai plus qu'à me laisser prendre par quelques poursuivants. Comme celui qu'un jour j'ai croisé, et dont la folie m'a presque ruiné. Alors je laisse la tristesse m'envahir, et le désespoir se repaître de ma chair blanche. Il n'est rien qui puisse sauver mon âme en ces lieux. Je ne suis qu'une ombre prête à céder devant la lumière des toits.

Pourtant l'ange immaculé ne semble pas l'entendre ainsi, et je le regarde harassé, s'affairer autour de moi. Soudain une douleur épouvantable irradie mes os. Je me cambre, hurlant tout ce que mes poumons veulent bien expulser. Un hoquet, puis des larmes, pâles et amères. Elles courent sur mon visage mourant. Je tremble à tel point que ça m'en devient insupportable. Pourtant un doux murmure vient fendre ma folie douloureuse. Une chanson fredonnée de manière innocente, comme seul un enfant en est capable. Je m'accroche à cette douce mélodie, cherchant à faire fuir la lancinante brûlure à mon flanc.

Je me sens bientôt traîné un peu à l'écart du sang qui courait sous mon dos. Le silence à nouveau, et une faiblesse croissante et dévorante. Mes iris océans s'égarent sur le ciel, la mort se serait-elle enfuit devant cet ange à l'étrange beauté ?

Azusa, j'ai échoué là encore.

Mon expression se fait plus triste encore, et soudain j'éclate en sanglots, affaiblit par cette expérience terrifiante. Je me roule en boule sur côté, tremblant de froid et de fatigue. La blessure me lance, et je sens les chairs hurler sous le bandage de fortune. Je jette un regard harassé à ce garçon de toute évidence plus jeune que moi. Le lièvre n'est qu'un adulte perdu dans le corps d'un enfant. La vie m'a poussé vers la maturité alors que je n'ai que quinze ans. Du moins si mes calculs sont exactes.

Je veux me réchauffer. Je ne veux pas être tout seul. Pas maintenant que l'on m'a fait revenir. Alors je rampe misérablement sur le sol rugueux, l'effort m'arrachant des plaintes à fendre l'âme. Mes mains se tendent vers le garçon, et je saisis son vêtement, m'approchant dans un dernier effort, pour venir lover mon visage contre ses cuisses. Un soupir franchit mes lèvres, alors que ce contact me semble brûlant en comparaison de l'âpreté de la pluie céleste. Je ferme les yeux, les mains toujours crispées sur le vêtement humide.

Ne m'abandonnes pas, semble hurler tout mon corps. Je refuse que cet ange s'en aille. Je veux demeurer avec lui, avec sa douce folie, ses ailes si belles. Moi je n'en ai plus, et cette pensée m'arrache un sanglot désespéré. Je tremble, rompu par cette souffrance inouïe. Alors j'implore mon beau sauveur, j'implore cette douce présence. Je ne pourrais rien faire sans lui, pas une une cheville brisée et le flanc blessé.

  « R... re..restes avec moi … s...s'il te plais... » Dis-je d'une voix épuisée et tremblante.

Je sais que les orphelins sont volages et distraits. J'en ai été un autrefois. Alors je sais, mais je ne veux pas qu'il me laisse là, comme un corps que l'on abandonne au charnier. Je ne veux pas, je ne veux pas. Alors je me rapproche encore, m'attirant à lui de toutes mes maigres forces. Mes yeux se ferment, et je me laisse bercer par la chaleur étrangement séduisante de sa corps vivant.

Il est beau cet ange venu de l'enfer blanc.

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Nathaniel Ko
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MessagePosté le: 31/05/2010 21:13:38    Sujet du message: Les rêves oubliés. Répondre en citant

J'avais à peine recommencer à chanter qu'un sons me tire de ma rêverie, c'est le garçon qui pleure, je suis fasciné tout d'abord par ce bruit si peu connu, pourtant la tristesse transmise par les larmes ne tarde pas. Mais, je suis trop pure, tellement que je ne sait quoi faire face à la douleur et la tristesse, c'est différent de pleurer et de voir un autre pleurer. Les grands yeux saphirs me fixent, pleins de souffrances et je ne sais que dire. Très lentement je voit le corps blessé s'approcher du mien, en poussant des petits cris déchirants, je veut l'aider, mais je suis incapable de détourner le regard de cette scène belle et terrible. Tant de courage malgré la douleur, ça m'hypnotise. C'est un doux et froid contact qui ramène mon esprit à la réalité.

C'est l'autre enfant qui est venu déposer sa joue délicate sur ma cuisse trempée, il semble tant soulager d'être arrivé ici, cela m'arrache un vague de tendresse. Mais alors que ses longs doigts de neige s'accroche à mes pauvres habits, un nouveau sanglots le secoue, arrachant une partie de mon propre cœur. Dans ses tremblements et sa souffrance, sa supplique m'atteint et m'enserre, ses faible bras s'accroche à moi tel un noyé à une épave.
Doucement, ma main vient se perdre dans ses mèches noirs, en caressant l'humidité, je chantonne un petit air sans chercher à l'éloigner ou à me dégager. Je me laisse juste faire, enfin jusqu'au moment où la pluie redouble, faisant pénétrer le froid jusque dans les os. Il ne faut pas rester là, je le sais bien. Je me redresse, abandonnant quelques secondes son corps au sol froid, sa cheville attire mon attention, brisé, elle l'enchaînera au sol quoi qu'on tente. Le faisant nouer ses bras autour de mon cou, je nous redresse, courbé de cet effort.

- Je suis certainement le plus fou ici...mais mieux vaut être fou, que lâche.

Ses mots furent murmurés aussi pour moi-même, je n'avais pas le cœur à l'abandonner, suant et tremblant de froid, j'arrivait à nous traîner sous la protection d'un ancien château d'eau. Mis en hauteur sur quatre épaisse et longue tige de fer, cela nous offrait une protection contre la pluie.
Me retournant vers mon blessé que j'avais déposé au sol, je me penchais.

- Il faut enlever le haut, tu vas attraper la mort et mon bandage deviendra éponge rapidement.

Faisant la moue, je m'occupait moi-même de retirer mon T-shirt blanc. Dévoilant ainsi les deux petits ailes marqué sur mon dos, je souris à l'étrange créature pâle.

- Elles sont belles mes illusions, tu ne trouves pas ?

Me remettant à chanter, je réfléchis avant de m'élancer en courant sous la pluie, sans rien dire de plus. Tel un nuage, je m'évanouis dans l'air, non l'enfant que je suis n'a pas prit la fuite. Je cherche juste quelque chose, courant, glissant, trébuchant, je fini par repérer ma cible. Retourné sur le territoire d'Hearts, j'avançais tranquillement, les gouttes froides coulant sur ma peau nu. Finalement, mon objectif m'apparut, une cage d'escalier anciennement aménagé en dortoir, les enfants l'avait quitté après sa découverte par des poursuivants. Heureusement, il restait toujours quelque petits aménagement et je trouvais mon bonheur, une grande et épaisse couverture de polaire brune, souriant je roulais en boule le tissus. La course reprit de plus belle, mais conscient de mon bagage, mes pieds foulait le sol avec plus de prudence, il me fallut un peu plus de temps pour arriver à mon point de départ. Réapparaissant rapidement devant l'autre orphelin, je souris, brandissant ma trouvaille.

- Et voilà, on tremblera moins et la peau sera moins froide.

Tout sourire, je lui tournais le dos, posant prudemment la couverture sur le sol sec mais froid, retirant le jeans imbibé d'eau et essorant mes cheveux de neiges. Mon dos se trouvait en face de lui et sous le roulement des muscles, les deux ailes tatoué semblait prise de vie. Soupirant, je me retournais chantonnant toujours, m'asseyant sur la polaire, je lui tendais la main.

- Viens, le ciel est en colère, si tu ne te protège pas, il viendra te prendre et tu disparaîtras. Comme ça, pouf !

Mimant le geste, je lui fait un grand sourire d'enfant.
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MessagePosté le: 22/09/2017 20:04:00    Sujet du message: Les rêves oubliés.

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