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:: Un soir banal dans la grande salle... ::

 
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Moe'ara
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MessagePosté le: 08/04/2010 15:38:25    Sujet du message: Un soir banal dans la grande salle... Répondre en citant

Ace.
Moe eu une moue de dégout mélé à un rictus mauvais. Son beau visage d'ange était à frémir d'horreur lorsqu'il se métamorphosait de la sorte.
Ace...
La plus grande déchèterie de toutes les pires ordures de Yokkai. Dire qu'il adorait cet endroit, il n'y avait pas si longtemps que ça. Ce soir il lui donnait la gerbe. Malgré cela (ou à cause), il désirait plus que tout y faire son petit tour. L'ordure qu'il cherchait y avait forcément laissé des traces.
La nuit n'était pas encore tout à fait tombée, et l'entrée du repair était encore calme. Moe s'installa sur un bloc de béton, non loin, observant les quelques Poursuivants et autres petits magouilleurs qui trainaient là. Pour la première fois depuis longtemps, il était assez posé. Mais quelque chose grondait sourdement en lui, n'attendant que la première occasion pour se déchainer. Scrutant toujours sournoisement l'entrée, il sortit une cigarette de sa poche et l'alluma. Une nappe de fumée s'éleva dans les airs et le Poursuivant quitta le bloc et pénétra dans l'antre de ses semblable.
Le lieu était toujours fidèle à lui même. Sale, bruyant et enfumé. Quelques têtes se tournèrent vers lui quand il passa la porte. Il y eu même quelques sourires en coin bien vite ravalés quand Moe tapa son poing sur le comptoir noir. Le gérant s'avança l'air de rien en en frottant ses mains sales sur un torchon sale. Il reconnut le Poursuivant et retourna de son pas lent vers ses autres clients. Les deux hommes ne pouvaient pas se sentir. Pourtant Moe devait lui parler. Mais voyant la réaction de l'autre, il comprit que ce n'était pas le moment. Ravalant à grand peine sa furieuse envie de sauter par dessus le comptoir pour lui exploser la tête, il fit volte-face et alla se trouver une petite table ronde au fond de la salle.
Le bar-hotel commençait doucement à se remplir, tandis que d'autres, voyant que la nuit recouvrait les toits, sortaient pour partir en chasse. Ce qui intéressait Moe étaient ceux qui arrivaient et s'installaient. Il savait qu'au bout d'à peine une heure, l'alcool et les drogues auront fait leur petit tour. Et il n'y a rien de plus ventard et bavard qu'un Poursuivant. En bref, Ace était le meilleur endroit endroit pour récolter des informations. C'était en quelques sortent le journal de 20h de Moe. Mais il restait sur ses gardes. Les Poursuivants n'aiment pas être épiés. Il commanda donc une bouteille de bière, s'alluma une autre cigarette, et se fondit dans le décor. Oreilles aux aguets.
Au bout de quelques minutes cependant, il se crispa. Sa main glissa sans qu'il s'en rende compte vers son sabre. Et son regard perçant parcourut l'ensemble de la salle.
Il se sentait à son tour épié.

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MessagePosté le: 08/04/2010 15:38:25    Sujet du message: Publicité

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Innocence Takahashi
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MessagePosté le: 09/04/2010 16:06:23    Sujet du message: Un soir banal dans la grande salle... Répondre en citant

La pluie.

Elle coure sur mon visage blafard, noyant mes traits d'enfant d'une tristesse infâme. Je ne sais plus ce que je dois faire, ni où je dois aller. J'ai tout perdu, brisé dans un dernier envol, l'ange s'est écrasé sur le toit d'un monde. Alors j'avance comme je le peux sur cette surface vide, anéanti par la rigueur d'un univers que je comprends de moins en moins. Les rencontres n'ont été qu'échec sur simple échec, et j'aspire à ne plus vivre pour voir encore cette déchéance me ronger les os. Innocence se meure tandis que le Lièvre ronge ses racines. Le sourire a disparu de mon visage, et ne peut plus que s'arquer d'une étrange manière, rappelant le rictus d'un quelconque corbeau. Je ne suis plus rien sans mes ailes. Ni un Orphelins, pas plus qu'un ange. Et ce que je désir n'est rien d'autre qu'une fin bien misérable comme celle qu'a connu mon cher Azusa.

Alors je vais au devant de ce qui aurait probablement dû m'arriver un jour, en dehors de finir au charnier. Je grimace parfois, terrassé par la brûlure infâme de ma cheville brisée. Elle n'est retenue que par une simple attèle faite de bois, encerclée par les bottes montantes que j'arbore toujours. Innocence n'est plus qu'une ombre terrible, fantôme avide sur ces toits sombres. Azusa. Je ne veux plus me souvenir. Azusa. Je veux mourir. Un éclair, et je m'écroule soudain sur le sol crasseux. Je demeure un moment ainsi, secoué par un sanglot incontrôlable. Mes doigts fragiles viennent se saisir de mon flanc douloureux. Serrant les dents, je me redresse difficilement, effleurant par la même la blessure immonde qu'un clou malicieux laissa là. Le sang couvre ma peau laiteuse, distillant dans mes veines une sensation étrange d'abandon.

C'est là mon dernier voyage. Et personne ne pleurera cette carcasse pourrissante d'un enfant devenu vite, bien trop grand. Les Dieux n'existent pas Azusa. Tout ça ne fut qu'un beau mensonge pour nous empêcher de redescendre. Mais je sais bien, que cette illusion ne faisait que me retenir ici-bas. Je n'entend plus les murmures du vent, absorbé par le cri de cette blessure béante dans ma poitrine osseuse. Je suis désolé Azusa, je n'ai pas pu tenir cette promesse faite autrefois. Je n'ai jamais eu les épaules assez solides, et à présent que mes ailes m'ont été ôtées, il ne me reste que cette dernière épreuve à surmonter. Je n'ai jamais envisagé le suicide, et je préfère terminer ma vie ainsi, sans que jamais personne ne se souvienne de cet humble murmure. Innocence, n'existe plus. Je suis mort avec mes ailes, délivré de l'absurdité d'une vie entre l'enfant et l'adulte. Pourtant je ne peux retenir ma crainte et mes larmes. J'ai peur, c'est indéniable. C'est probablement elle qui me fait avancer, un pas après l'autre, vers cette destinée tragique qui fut la mienne.

Depuis ce jour maudit où j'ai pris une pierre en pleine figure, je savais que ma vie ne serait qu'une suite d'échecs et de pertes. Abandonné dans le royaume des rêves oubliés, je m'y suis abîmé pour ne jamais en revenir. Alors je scrute au loin la lueur de Ace, terrorisé rien qu'à l'idée d'y mettre les pieds. Ce nom n'a toujours été que synonyme de malheur, de mort et de disparition. Cet endroit où les Orphelins maudits échouent, sans possibilités d'en revenir un jour. C'est là ma dernière demeure, sertie par la beauté infâme de ces trois lettres du diable. Trempés jusqu'aux os, je m'arrête au bord d'une corniche. Je tremble rien qu'à l'idée de me jeter dans la gueule du loup, car même si mes yeux font voir l'adulte à l'Orphelins, l'adulte lui verra l'enfant sur mon visage opalin.

Un pas en arrière pour prendre un semblant d'élan, et je me jette dans le vide, pour me rattraper douloureusement sur le bord d'en face. Je gémis, me hissant sur mes bras faméliques. Ma cheville me fait atrocement mal, même si les jours, peut-être les semaines se sont écoulées depuis l'accident. Je suis un lièvre bancal, livré aux crocs du loup. Me voici à la frontière de Ace, violenté en ce soir ombrageux par la pluie outrancière. J'observe cette lueur blafarde dans l'obscurité naissante, frissonnant du peu de chaleur qui me reste encore dans les os. Boitant, je prends la direction de ce lieu de perdition, dont je n'ai entendu que le murmure infâme de l'innocent brisé. Plusieurs minutes s'égrainent avant que je n'en atteigne le rebord. L'activité y est bien plus dense qu'à Diamonds. Cela dit, ça n'a jamais été bien difficile. Dissimulant mes traits dans l'obscurité, les rares Poursuivants que je croise ne m'accordent pas la moindre attention. Un Orphelin c'est bien trop farouche pour braver le danger ainsi. Un Orphelin, ça n'est pas aussi misérable que le boiteux qui s'amène là.

J'atteins la lumière. Aveuglé par celle-ci, je glisse quelques doigts devant mes yeux céruléens, baissant la tête en signe d'une parfaite soumission. Je veux disparaître, alors j'accorderais cette faveur au premier qui se présentera. Je ne suis plus rien, une ombre à peine vivante qui ne demande qu'une chose : qu'on l'achève enfin. Ignorant des regards, je vais me poser à une table, surpris par l'activité certaine du lieu. Mais ce semblant de vie m'importe peu. Je me laisse choir sur une chaise, allongeant le reste de mon buste sur la table devant moi, la joue reposée contre le bois. Les larmes amères roulent sur mon visage blafard. Pitoyable. Je n'ai même pas peur, juste faim d'une mort qui ne vient pas. Innocence ne sera bientôt plus, et je me laisse envahir par les tremblements de la souffrance, envenimés par mon flanc et ma cheville blessés.

Azusa. Je suis désolé. Mais le chemin du Lièvre va se rompre ici, au pays des rêves oubliés.

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MessagePosté le: 22/09/2017 20:03:50    Sujet du message: Un soir banal dans la grande salle...

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