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:: Nuit sombre et douche froide [PV Joyce] ::

 
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Chiaki
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MessagePosté le: 09/04/2010 18:34:08    Sujet du message: Nuit sombre et douche froide [PV Joyce] Répondre en citant

La nuit. Sombre dame au port aristocratique qui, chaque fois, finit par prendre, pendant quelques heures, le pas sur l'orgueilleux jour. Sa sombre mise recouvre alors le monde, l'inondant de ténèbres dissimulatrices et d'ombres sournoises, amies aisées de l'immoral et du vice, elle aide aussi l'amant éperdu ou l'effrayé fuyant. On dit que la nuit porte conseil, le sourire éclatant de croissant de lune et les millier d'éclat de diamant piqueté sur sa robe sont, souvent, preuve de sa sagesse millénaire, elle qui a vue tant d'intrigues, tant de secrets, tant de mort et tant d'amour.
Les orphelins sont infiniment plus proches de la nuit que ne l'est quiconque en bas, sur les toits, on pourrait effleurer les étoiles du bout des doigts, la sphère argentée ne regarde que vous et le ciel est une couverture satinée qui semble si bien vous protéger des êtres malfaisants. Dans les cimes de la forêt infinie des immeubles, on reçoit plus de lumière que d'ombre lunaire et la nuit révèle aussi bien qu'elle occulte... la nuit, est mon amie, une amie intime, connue de longue date, une histoire d'amour sans fin vivant aux creux réconfortant de ses ténèbres satinées.

Je courrais sur les toits, mes pas, plus légers que des gouttes de pluie, semblaient être les seuls bruits jusqu'à l'horizon encombré de béton. J'aimai Diamonds pour cette solitude réconfortante, ici, il était rare de croiser qui que ce soit et encore moins aux heures de la dame. Le Vent s'était couché avec le soleil et le Ciel n'était plus que ténèbres, à ces heures, seule la dame avait une quelconque autorité sur le monde des toits. Je bondis avec grâce, passant un abime sans fond, puis un second. Les crevasses des ruelles et des rues n'étaient plus un danger pour moi depuis des années, je les passais sans même y penser, appréciant juste l'éphémère sentiment d'apesanteur qui me prenait au point culminant de mon vol, ce sentiment qui faisait la vie des notre, une joie sauvage, décharge de pure adrénaline, on sentait le vide défiler sous ses pieds, son coeur accélérait brutalement, nos pupilles se dilataient au maximum - quoiqu'à cette heure ce fut déjà le cas - et un grand sourire naissait sur nos lèvres enfantines. Je me demandais distraitement si les poursuivant ressentait encore ce sentiment, si, à force de voler, on finissait par s'habituer à cette vague d'excitation jusqu'à ne plus la ressentir... cela expliquerait leur désir de quitter le monde d'en haut... loin de la menace des proxénète et sans le vol, à quoi bon vivre ici ? Je m'interrogeais sur ce que je ferais quand je ne ressentirais plus cet extase à mon tour, ma logique prendrait elle le dessus et me ferait-elle devenir un traqueur moi aussi ? Contrairement à beaucoup de mes frères, cette idée ne me révulsait pas, tout à ma réflexion froide, je ne comprenais plus leur peur panique de ce qui n'était rien moins que de vieux orphelin avide d'argent... l'argent, voilà un concept étrange, à quoi leur servait donc tous ces bouts de papier et de métal ?

Je n'eus pas le temps de trouver une réponse à cette question, je venais d'arriver, enfin. Sur le toit de cet immeuble, des orphelins avaient détourné, voilà longtemps, une conduite d'eau et, grâce à des pièces trouvées je ne savais où, fabriquer un accès à l'eau courante, c'était un point de ravitaillement assez connus, on y remplissait nos réserves d'eau et on prenait des douches quand on en avait besoin. C'était la seconde option qui m'intéressait dans le cas présent, mes cheveux était emmêlés en une multitude de noeud et même collants par endroit et je me laissais de pouvoir passer mes doigts parmi mes mèches d'ébènes. Mon corps avait eu le droit aux faveurs de la pluie et je me coïnciderais comme à peu près propre à ce niveau. Sans même jeter un regard aux alentour j'ouvris la fermeture de ma verste qui crissa légèrement, les crans métalliques devaient être usés, je laissais tomber le vêtement de toile sombre sur le béton avant de saisir des deux mains l'ourlet de mon tee shirt. Le tissu, doux, humant la transpiration et mon odeur personnelle, quoique, je fus incapable de définir exactement quelle était cette odeur, passa devant mes yeux avant de rejoindre à son tour la dureté du sol. Je poussa un petit soupir en offrant mon torse à la fraicheur de la nuit, la lueur argenté de l'astre lunaire taillait mon corps dans l'albâtre, faisant ressortir la fine cicatrice qui marquait mon flan et rutilant sur le manche de mon couteau papillon, ce dernier dépassant légèrement de ma poche arrière. J'hésitai une seconde à retirer mon pantalon, un vieux jean sombre déchiré aux genoux et bien trop large pour moi, mes doigts coururent le long de la ceinture puis je décida de n'en rien faire.
Ma main se referma sur le métal rugueux du robinet installé là de façon quelque peu précaire, je dus forcer pour faire tour la poignée qui finit par tourner avec un crissement digne d'ongles sur un tableau noir, l'eau jaillit enfin, blanchie par la pression.
Je bus quelque goulée à même le jet, rafraichissant ma gorge asséchée par ma longue marche nocturne, l'eau était glacée, j'en eue mal aux dents, mais je n'arrêtais pas jusqu'à ce que l'eau clapotante eut emplit mon estomac. Enfin, quand cela fut fait, je passa directement ma tête sous le jet. Un frisson proche de la décharge parcourut mon corps au contact glacé et je mis quelques secondes à m'habituer avant de pouvoir mettre mes mains au travail. Elles-même furent vite engourdie en s'agitant sous le jet glacé, mes cheveux se déliait lentement, tombant en mèche lourde de part et d'autre de mon visage, mes doigts gourd massait doucement mon cuir chevelus, je défaisais les noeuds, serrant les dents plus d'une fois et poussant même un petit couinement quand je m'arrachais une bonne demie douzaine de longs fils sombres. J'étais là, les jambes repliées, penché en avant, mon dos nu offert à la lune, l'inclinaison de mon corps dessinant clairement mes omoplates et la ligne sinueuse de ma colonne vertébrale dont les arrêtes pointaient légèrement sous ma pâle carnation. Mon visage ruisselant était dissimulé par un rideau de mèches sombres tandis que le jet continuait d'élargir la flaque sombre sur le sol de béton, des cheveux flottaient, perdue dans le ruissellement glacé après être sortit de la masse de ma chevelure.

Me laver la tête me calmais étrangement, mes propres mains, presque insensibles, malaxaient mon crâne, me plongeant dans une petite transe mêlée de douleur au fur et à mesure que j'arrachai ou dénouait les entremêlements de mes cheveux corbeaux. Cela prit de longues minutes, une demie heure peut être et, quand j'eus finit, mes lèvres étaient bleues de froid et je ne sentais plus rien jusqu'au niveau des poignets, je sortis enfin la tête du jet, la gardant inclinée en avant tandis que de larges filets d'eau s'en écoulaient encore, éclaboussant les quelques zones du sol encore sèches autour de moi. Je refermais mes doigts autour de la poignée du robinet, il fut difficile de la fermer, mes doigts engourdit par le froid ne semblait pas n'obéirent totalement et je dus m'y prendre centimètre par centimètre pour refermer le robinet. Quand l'écoulement eut enfin cessé, je redressa la tête dans le silence feutré qui venait de s'installer, je rabattis les mèches qui s'abattaient devant mes yeux d'un mouvement de la tête et je poussa un long soupire, des gouttes glacées dégoulinaient lentement sur ma peau que la lune rendait d'un blanc presque pur, accentuant la chaire de poule déjà présente. Je fus parcouru d'un long frisson quand une des gouttelettes se glissa dans mon nombril telle une bille d'argent sur ma carnation neigeuse. Je retins le réflexe qui me poussait à essuyer la perle du bout de mes doigts ; ceux-ci ne devait pas être bien plus chaud que l'eau et j'apprécierais cette étrange sensation...
Je me tenais debout, torse nu, offert à la lune dans la fraicheur de la nuit, mes cheveux, plus noirs que les ombres et envahit de reflets argentés, se détachaient sur le velours du ciel presque aussi nettement que la pâleur de ma peau, rendue scintillante par les longs filets d'eau qui la striaient.
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MessagePosté le: 09/04/2010 18:34:08    Sujet du message: Publicité

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Joyce
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MessagePosté le: 09/04/2010 22:20:56    Sujet du message: Nuit sombre et douche froide [PV Joyce] Répondre en citant

    Les lumières de la ville s’allument petit à petit, laissant s’installer progressivement la nuit. Je suis seul. Comme à mon habitude. A quoi bon être accompagné ? Et puis, par qui ? Car là est toute la question. Car il me semble que l’on dit : mieux vaut être seul que mal accompagné. Et j’illustre ce proverbe comme je peux. Ainsi donc, je traîne ma carcasse sur les toits. Quartier est. Me repérer m’est devenu plus aisé bien que certaines zones me sont encore obscures et même inconnues. Je n’ai pas tout exploré et il me faudra encore du temps avant de connaître les moindres recoins, interstices et autres failles du monde d’en haut. Néanmoins, je voyage et vogue sur les terrasses, me prélassant parfois sur un balcon en plein soleil, les cheveux balayant mes cheveux noirs de jais. Je mène une vie de vagabond. Pas un clochard. Ce terme est beaucoup trop péjoratif et il serait vraiment intolérable que l’on traite les enfants des toits de clochards. Et puis, si tel était le cas, j’en ferais parti et cette idée ne me plait absolument.

    Il commence à faire frais et se balader torse nu n’est pas recommandé. C’est pourquoi je récupère le tee-shirt que j’avais jeté à terre et l’enfile rapidement. Les nuits sont parfois rudes sur les toits et je ne dispose pas d’un abri tous les soirs. D’ailleurs, certaines nuits, je ne dors pas. Au contraire, je profite du sommeil des autres pour explorer. La dernière fois, j’ai découvert une cachette, une sorte corniche abritée du vent. Bien sûr, j’en ai mémorisé la localisation afin de pouvoir la retrouver en cas de besoin. Elle est un peu excentrée du quartier est et il se trouve que je n’ai pas encore eu le courage d’aller m’aventurer dans les autres quartiers. Un jour, je le ferais…

    La lune éclaire faiblement la terrasse sur laquelle je suis. Il fait un peu plus froid au fur et à mesure que la nuit s’installe, lançant son filet d’étoiles et agrippant nos yeux dans ce tourbillon d’astres. Les étoiles me fascinent et rythment ma vie. A l’orphelinat, j’avais appris chaque constellation, m’échinant à répéter inlassablement le nom des étoiles et leur position dans le ciel. Parfois, je m’absentais plusieurs heures lorsqu’il faisait nuit noire et je passais ce temps dans le jardin de l’internat, allongé dans l’herbe à pointer du doigt les constellations que je repérais. Les souvenirs pressent quand on les ouvre et la chaleur pétrie nous affole de son poids perdue dans l’importance d’hier. Mes poumons explosent sans en avoir l’air. La lune sombre avec l’ignorance crasse des mauvais jours où l’écho est silence et le fer dans la poitrine. Il avance en faisant valser son âme contre les mères, toujours plus meurtri des faux sons du noir. Le froid chante. Les brisures ne sont que des plaies plus propres, allongées languissantes où la langue se coupe. Je voulais être seul, je ne le suis plus du tout.

    J’ai couru, couru, couru. Me suis élancé dans les airs. J’ai senti le vent balafrer mon visage, emmêler mes cheveux, exploser ma liberté. Je deviens vraiment moi lorsque le vide est sous mes pieds, lorsque plus rien ne me rattache au sol. Même cette putain de gravité semble se plier, disparaître quelques secondes pour me laisser savourer ce plaisir indéfinissable qui est de sauter entre les toits et se raccrocher aux derniers moments à une corniche. Je ne suis vraiment bien que dans ces moments-là. Apaisé. Calmé. Une dernière roulade et me voilà sur une terrasse réaménagée par quelques orphelins. Je l’ai appris il y a quelques jours qu’une conduite d’eau avait été déplacée pour permettre à qui le veut de se rafraîchir. Je suis là pour boire, ce que je n’ai pas fait depuis le midi. De plus, ayant grignoté un biscuit, j’ai la gorge sèche.

    Mon regard s’attarde sur les alentours et se bloque sur une silhouette blafarde. Je plisse les yeux, hésite puis finalement, décide de m’avancer afin d’être fixé. La silhouette est petite, maigre et son teint pâle choque dans cette nuit noire. L’être lunaire est de dos et je m’approche de lui silencieusement. Je ne tiens pas à lui faire peur, juste le surprendre pour avoir l’avantage au cas où il se révèlerait être dangereux. Un pas après l’autre, le cœur battant, les sens en alerte. Je sais que s’il y a un problème, je peux me protéger. Je ne suis certes pas très musclé mais je pense savoir me battre. Enfin, cela reste de la survie essentiellement. Si vraiment les choses se gâtent alors je m’appuie sur mon poignard qui se trouve coincé dans ma ceinture. Toujours à portée de main. D’ailleurs, mes doigts courent actuellement le long de son manche et j’imagine avec aisance sa lame que j’affute avec soin.

    J’arrive à sa hauteur.

    Le souffle court, je feinte sur la gauche et me retrouve devant lui en un rien de temps. Mon regard d’ébène se pose sur lui. Ses yeux sont d’un vert reptilien et je reste à l’observer pendant un laps de temps que je ne saurais pas déterminé tellement je fus captivé. D’une voix dure, qui me surprend, je demande :

    « Qui es-tu ? »

    Restant sur mes gardes, je me recule, toujours face à lui, et ouvre le robinet. L’eau s’écoule, blanche, puis s’éclaircit finalement. Je me baisse alors et avale goulûment le liquide transparent. De rapides coups d’œil vers le garçon me rassurent, bien que mon cœur ait décidé de s’emballer plus que de raison. Je referme le robinet et brise de nouveau la glace :

    « Tu es d’ici ? »

    En parlant d’ici, je parle du quartier est, savoir si Diamonds est son quartier d’appartenance. Bien que la réponse importe peu, je suis assez curieux. Une discussion me revient. De celle que j’avais l’habitude d’entretenir avec le psychologue de l’orphelinat. Ces mots ont trouvé écho en moi : « N'aie pas peur des autres. Ils sont comme toi, peut-être même moins bons. Respecte-les mais ne leur donne pas ce que tu es. Sois fort, et ton heure viendra. Continue d'être différent. Développe ta pensée par toi-même. Vis. Et surtout, mon garçon... n’aie pas peur de toi-même. »

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MessagePosté le: 17/04/2010 20:14:54    Sujet du message: Nuit sombre et douche froide [PV Joyce] Répondre en citant

Quelqu'un avait brisé le silence, je fus presque immédiatement hostile contre cette personne qui osait, par le bruit de ses pas, envahir la sérénité nocturne... Mais ce n'était pas logique d'attaquer une personne juste parce qu'elle ne savait pas marcher silencieusement, sauté de toit en toit n'était pas la manière le plus discrète de se déplacer, surtout quand on ne cherchait pas à se cacher. J'avais remarqué l'intrus une bonne trentaine de seconde avant qu'il ne me voit - comment le savais-je ? Simple, il avait soudain changé sa démarche, transformant sa course bondissante en chasse féline. Malgré cela, pour quelqu'un qui, comme moi, était habitué au silence, ses pas restaient parfaitement audible. Je ne me retournais pas vers lui, je n'y trouvais aucune utilité, la personne ne m'avait pas chargé et semblait plus effrayée de me trouver là qu'autre chose. Je me tins donc droit, presque immobile, mon seul mouvement, à peine perceptible, était celui de mon torse qui se mouvait doucement au rythme de ma respiration. J'entendais clairement les gouttes d'eau tomber de ma chevelure alourdie pour exploser dans la flaque à mes pieds. Les bruit de pas se rapprochait et, après qu'il m'eut contourné, je pus enfin voir celui qui troublait le calme de la Dame. C'était un orphelin - à moins que les chasseurs ne recrute désormais avant la majorité - il était plus grand que moi, bien plus grand, je ne saurais dire exactement, mais il devait avoir quelques années supplémentaires en accord avec ses centimètres, sa ligne de mâchoire était plus dure, ses joue moins rondes et ses yeux semblaient moins grands que les miens. Malgré une beauté délicate on voyait clairement l'homme qui passait, pas à pas, devant l'enfant. Je trouvai quelques similitudes avec moi-même dans ce personnage : il avait les cheveux noirs, un médusa du côté gauche, et un tatouage - tout du moins, un de visible - mais, malgré ces points, il ne me ressemblait pas. Nos comportements étaient parfaitement dissemblables, j'étais totalement indifférent tandis qu'il se déplaçait comme s'il se trouvait face à un chien inconnu et agressif. Je plongea mon regard émeraude dans le brun sombre du sien, je n'y lus qu'une pointe d'hostilité mêlée d'une profonde méfiance.
Il était armé, je remarquai cela du coin de l'oeil et ma main se posa instinctivement sur le manche de mon couteau papillon, le métal était froid sous mes doigts gourds, mais ces derniers avaient recouvrés assez de vigueur pour, si besoin était, déplier la lame d'un geste et planté cette dernière dans l'épiderme halé de mon vis à vis. Mais, malgré cela, je ne montrai aucun signe d'agressivité, inutile de déclencher un combat qui n'avait pas lieu d'être, si le jeune homme avait voulu me voler quelque chose, il m'aurait planté à la première occasion et aurait, de préférence, frappé dans le dos, celui-ci lui faisait face et n'avait pas dégainer un demi pouce de sa lame.

Il resta, pendant dix bonnes secondes, les yeux braqué dans les miens, je lui rends son regard et je pense, non sans une pointe d'amusement, qu'il ressemble à une souris face à un serpent... était-ce du à mes yeux ? À mon comportement froid ? Peut être... Puis, enfin, il me demanda de décliner mon identité. Sa méfiance se trahissait, dans sa voix, par une dureté presque agressive. Je laissai passé, il n'attendit pas une hypothétique réponse et se mit à boire. Je me surpris à être rassuré, il était venu ici pour boire, rien d'autre. Ma main s'éloigna de mon arme et, pendant qu'il buvait, je décidais de remettre mes vêtements.
Je lui tourna le dos, m'éloignant de quelques pas, puis je saisis le tee-shirt noir et le passa par-dessus ma tête, je dissimulais ainsi la fine cicatrice de mon flan, je ne voulais pas vraiment la cacher - les souvenirs de ce moment, j'avais appris à les refouler depuis longtemps - et, de toute façon il l'avait surement déjà aperçut. Les cheveux mouillèrent le col et, quand je fit de nouveau face au jeune homme, j'eus un frisson dans le cou au contact du tissu humide. Je n'avais toujours pas desserré les lèvres quand il eut finit de boire et qu'il décida de me poser une seconde question. Est-ce que je venais d'ici... je réfléchis quelque seconde au sens exacte de sa demande ; il ne parlait surement pas des toits, personne n'aurait pu venir ici sans être un orphelin où un poursuivant, de la nuit ? Non, ce n'était pas, comme moi-même, un adepte de la Dame, il devait donc parler de Diamonds. Ce que les gens pouvaient être curieux, ne pouvait-il pas boire et partir ? J'hésitais quelques secondes à ne pas répondre à ses questions puis, me résignant, je décidais d'ouvrir enfin mes lèvres. Ma voix sortit, douce, presque incongrue face à la froideur de mes prunelles.

« Je suis quelqu'un... et je viens de quelque part »

Pure malice enfantine, je lui jeta un regard pénétrant, un mince sourire, presque imperceptible, naissant sur mes lèvres fines. Je captais chaque miettes de sa réaction. Ce n'était, certes, pas très gentils de répondre de cette façon, mais il ne s'était pas présenté non plus et je ne voyais aucune raison valable de lui donner mon nom. Dans un coin perdu de mon esprit, un petit garçon s'amusait follement de mon espiègle réplique.
J'étouffais immédiatement cet éclat de rire intérieur... je tenais ma raison, pas question que renaisse l'enfant que j'étais, cela ferait trop mal de redevenir humain, je l'avais décidé il y avait longtemps, désormais, seule la logique guidait mes pas sur les sentiers ténébreux de la dame. La froideur de mon regard avait été perturbée par la brusque étincelle malicieuse et je me recomposais une expression presque nonchalante, elle devait paraître bien étrange sur un si jeune minois, mais cela faisait quelque année que je l'utilisais, avoir l'air innocent était bien beau mais, blasé, les revendeurs me prenaient bien plus au sérieux. Je décidais donc de lui donner mon nom, de la même voix mélodieuse je lui dis donc.

« Je m'appelle Chiaki, mais appelles moi Skull »

En énonçant la seconde partie de la phrase, j'avais relevé mon avant bras gauche pour lui montrer clairement le crâne tatoué dans mon poignet. Bien que le tatouage fut fait au couteau et à l'encre de stylo - on faisait avec les moyens du bord quand on vivait sur les toits - les lignes étaient clairement visibles et on reconnaissait facilement le dessin... ce n'était pas le cas de tous les tatouages que j'avais vus et j'étais assez fier des deux crânes qui ornaient les faces intérieures de mes poignets. Je lui avais donné spontanément mon surnom : tout le monde m'appelait comme cela. Je ne pris pas la peine de préciser que je venais effectivement de Diamonds, après tout, ce n'était plus aussi vrai qu'auparavant, j'y traînait souvent car je le connaissais bien, mais il m'arrivait aussi de flâner dans Hearts ou Clubs pendant plusieurs jours.
Je lui laissa quelques secondes pour digérer ma réponse, bien qu'il n'y ai pas grand-chose à comprendre, puis, inclinant légèrement la tête sur le côté, je lui demandais, ma voix étrange ressouvenant de nouveau dans l'air nocturne. Je n'avais pas encore mué, contrairement à mon interlocuteur, et cela se percevait clairement, je ne lui enviais pas sa décente dans les octaves, surtout que la dite décente était bien souvent dissonante. Je lui renvoyais ses questionnements, plus par réflexe que par réel intérêt, aucune interrogation ne planait dans mes yeux d'émeraude et mes mots, bien que formulant clairement une question, n'en portaient pas l'intonation.

« Et toi, qui es tu ? »
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MessagePosté le: 22/09/2017 20:04:35    Sujet du message: Nuit sombre et douche froide [PV Joyce]

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